Salimata Diabate est la dame au balafon au Burkina Faso

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Salimata Diabate contribue à briser letabou. En effet, ce n’est pas tous les jours qu’on rencontre une femme jouer son instrument de prédilection le balafon, instrument de musique traditionnel en Afrique très souvent réservé à la gente masculine.

Que l’on soit de l’Ouest ou de l’Est de l’Afrique, ou même du Centre, le balafon est réservé aux hommes. La famille de Salimata Diabate n’est pas en reste à cette croyance populaire africaine. Car dans son ethnie, l’ethnie Sambla au Burkina Faso, où la lignée iabte a un lien très profond avc le balafon, les femmes n’ont même pas le droit de toucher un balafon.

Cependant, malgré tous ces interdits, notre balafoniste s’y est mise très tôt à sa passion : « J’ai commencé vers l’âge de cinq ans en regardant mon père, se souvient la jeune griotte originaire du village de Torrosso, à 35 km de Bobo Dioulasso. C’était très difficile, parce que chez nous une femme ne devrait même pas toucher à un instrument traditionnel. Chez nous, c’est interdit », affirme-t-elle à BBC Afrique. Ce qui lui a valu des coups et des reprimandes.

Croyant en elle, à sa passion, Salimata a tenu bon jusqu’à obtenir la bénédiction de son père : « Quand j’ai eu l’âge de 15 ans, il a eu pitié de moi. Il savait que je n’abandonnerai pas ».

Agée aujourd’hui de 34 ans, Salimata Diabate est une balafoniste, Chanteuse, percussionniste, multi-instrumentiste accomplie. Celle qui peut être considérée aujourd’hui comme un exemple beaucoup d’autres femmes joue et voyage grâce à son art sur le continent et au-delà.

« Mon rêve, c’est d’avoir un jour une carrière dans le monde entier, si Dieu le veut. Je voudrais aussi que des femmes aient le courage d’apprendre comme moi », déclare à BBC Afrique Salimata qui estime qu’il n’y a pas de métier réservé aux hommes.