Manu Dibango: "Avec la musique, on apprend toute sa vie!"

En marge d’un concert qu’il a donné le dimanche 26 février au Bolegason à Castres (France), l’icône de la musique africaine et mondiale Manu Dibango a accordé une interview à Ladepeche.fr. Sans surprise, le monument du jazz révèle sa passion pour son instrument de prédilection, le saxophone, d’une part, et pour la musique en générale.

« L’instrument en lui-même, tout simplement ! L’amour de la musique se véhicule par l’instrument. Dès que j’ai découvert le saxo, j’ai tout fait pour en avoir un et apprendre à en jouer. C’est ce qui est génial avec la musique : on apprend toute sa vie ! » affirme Manu au cours de l’entretien. Un art de vivre, une façon d’être et surtout un état d’âme pourrait-on dire pour celui qui est issue d’une famille protestante et a commencé la musique avec des alléluia.

Dans une nuance qui rappelle ses origines mais aussi sa citoyenneté planétaire, l’artiste évoque à la fois l’influence des musiques traditionnelles africaines sur sa carrière, et également la soul et le jazz. « on apprend de ce que l’on écoute et que l’on aime, c’est un apprentissage sélectif en fonction de sa sensibilité. Bien sûr, notre origine ressort toujours mais pas que ! De ce point de vue, il est difficile d’être libre en tant qu’artiste. Pour les musiciens africains, les gens ont souvent le fantasme du joueur de tam-tam ou de balafon et du boubou. J’adore les boubous, mais les smokings aussi! » commente l’octogénaire auteur de « Soul Makossa « .

« Les médailles, ce sont les gens qui vous regardent et estiment que vous avez apporté votre pierre à l’édifice. C’est le témoignage de la reconnaissance d’un pays » conclut le saxophoniste et jazzman d’origine camerounaise, qui rassemblent plusieurs médailles et distinctions, pour qui les médailles sont d’abord un honneur, une gratitude de la part de ceux qui la décernent.