L1 - Strasbourg : La Fédération des supporters appelle à l'union sacrée

Alors que des sifflets sont descendus des tribunes de la Meinau lors de la défaite contre Amiens il y a deux semaines, la Fédération des supporters du Racing appelle à l'union sacrée contre Nantes.

Les supporters strasbourgeois n’ont pas oublié d’où ils viennent. Ils ont encore en mémoire les déplacements improbables en CFA2, il n’y a pas si longtemps, quand leur club était reparti quasiment de zéro après sa liquidation judiciaire en 2011. Alors ils n’ont pas apprécié les sifflets qui sont descendus des travées de la Meinau lors de la défaite contre Amiens début septembre (0-1) et ne veulent plus les entendre dimanche pour la réception de Nantes (17h00). Ils l’ont d’abord fait savoir dans un communiqué publié en milieu de semaine par la Fédération des supporters du RCS : « Ne laissons pas les sifflets minoritaires et les râleurs en tout genre (sic) nous empoisonner : au soutien de dirigeants et d’un staff en qui nous avons confiance, faisons bloc derrière une équipe à qui l’exigence d’aller au maximum de ses possibilités s’impose pour obtenir, en fin de saison, le maintien. »
Un nouveau public à éduquer
Président de la FSRCS, Philippe Wolff a enfoncé le clou dans un entretien vidéo accordé à L’Alsace. « C’est un appel au calme, mais surtout au soutien et à la patience. On sait que le Racing a pu se reconstruire en partie grâce à la ferveur du public et on souhaite que ça continue. C’est avec solidarité et unité qu’on parviendra à réussir l’opération maintien, qui est le seul objectif de la saison. » Depuis le début de la reconstruction du Racing, toutes les parties prenantes travaillent main dans la main, des supporters aux dirigeants, en passant par le staff technique et les joueurs. Mais plus encore que l’effectif, le public de la Meinau a été fortement renouvelé pendant l’été avec le retour dans l’élite. « On a pris l’habitude de faire venir les joueurs en début de saison au local pour leur expliquer ce qu’on attend d’eux et ce qu’est le Racing, raconte Wolff. On fait la même chose avec le nouveau public, venu ou revenu à la Meinau. On invite toutes ces personnes à s’adapter à ce nouveau mode de fonctionnement. »
« Que le Racing continue de se développer, sans répéter les erreurs du passé »
Surtout qu’il n’est pas question pour les supporters de briser la belle communion bâtie sur une relation de confiance sans faille depuis des années. Après la défaite face à Amiens, Thierry Laurey s’était agacé de la réaction épidermique de certains fans déçus. « Laissez-nous un peu de temps », avait lâché l’entraîneur de Strasbourg. Il faut dire que le RCSA n’est pas un promu comme les autres. Avec son histoire forte d’un titre de champion de France et de cinq Coupes nationales, il a l’habitude des sommets. Même chose depuis qu’il est reparti de CFA2, puisqu’il a joué les premiers rôles quasiment chaque saison, hormis un exercice plus compliqué en National. « Les gens qui râlent aujourd’hui nous disent qu’ils sont ambitieux pour le Racing, et ils ont raison de l’être, estime Wolff. On l’est au moins autant, même sans doute plus. On souhaite que le Racing continue de se développer, mais sans répéter les erreurs du passé, parmi lesquelles l’impatience. »
Laurey : « Il faut à tout prix gagner »
Pas d’impatience donc, mais « de l’inquiétude, parce qu’une série de trois défaites n’est jamais anodine », selon Wolff. « Il faut réagir et rattraper notamment la mauvaise performance contre Amiens. Maintenant, la saison est encore très longue, les occasions d’effacer cette série de mauvais résultats seront encore nombreuses. Il n’y a pas de raison de paniquer aujourd’hui. » Pour ne pas que l’état d’urgence soit décrété en Alsace, la victoire est quasi impérative pour Laurey et ses troupes dimanche face aux Canaris. « Quand tu restes sur trois défaites, il faut à tout prix gagner le match qui vient, a soufflé le coach strasbourgeois samedi en conférence de presse. Nantes n’est pas l’équipe idéale pour se relancer, mais va falloir inverser la tendance. » « Les supporters donnent envie de se surpasser », a de son côté lancé Martin Terrier, preuve qu’ils n’ont pas usé tout leur crédit auprès leurs joueurs. Ils devront faire front tous ensemble dimanche pour briser le mur nantais et décrocher un succès qui ramènerait de la sérénité sur les bords du Rhin.