Coupe du Monde 2018 - Tunisie : L'introuvable équilibre des Aigles de Carthage

Surclassée par la Belgique (5-2), la Tunisie a subi sa deuxième défaite en deux matchs. Un nouveau revers, synonyme d'élimination, est révélateur du manque d'équilibre des Aigles de Carthage.

La large victoire de l’Angleterre face au Panama ce samedi (6-1) a mis un terme au suspense : la Tunisie est officiellement éliminée de la Coupe du Monde 2018. En subissant face à la Belgique leur deuxième défaite en deux matchs (5-2), les Aigles de Carthage avaient de toute manière perdu toute maîtrise de leur destin dans un groupe H aussi déséquilibré que l’on pouvait le craindre pour eux avant le coup d’envoi de la compétition. Face aux Diables Rouges, pourtant, les coéquipiers de Wahbi Khazri ont montré un autre visage que lors de leur entrée en lice face à l’Angleterre (1-2). Ce jour-là, ils avaient passé le plus clair du match à subir, laissant la possession de balle aux Three Lions (61%) et défendant très bas devant leur but. L’égalisation sur penalty de Ferjani Sassi sur ce qui fut leur seul tentative cadrée de la partie leur laissa longtemps espérer terminer avec le point du match nul. Jusqu’à ces dernières secondes rendues fatales par un corner évitable et un marquage déficient sur Harry Kane. La physionomie de la partie et les intentions tunisiennes furent différentes face à la Belgique : avec 48% de possession de balle et un nombre de passes supérieur à celui de leurs adversaires (392 contre 391), les hommes de Nabil Maaloul eurent le mérite de ne pas fermer le jeu et de rester animés par l’envie de marquer, comme en témoigna la réduction du score tardive de Wahbi Khazri. Mais les erreurs individuelles et la poisse vinrent encore plomber leur prestation.

Ali Maaloul, symbole des lacunes individuelles

Nabil Maaloul a résumé les choses à sa manière lors de sa conférence de presse d’après-match. « Pour moi, on a été ridicules vu la physionomie et le score, a lâché le sélectionneur. Prendre une débâcle 5 à 2, c’est ridicule. On n’a pas été ridicule quand on voit la possession, mais athlétiquement on n’a pas suivi. » Pas épargnés par la malchance, avec un penalty plus que litigieux accordé aux Belges après sollicitation des assistants vidéo et les sorties sur blessure de Dylan Bronn et de Syam Ben Youssef, les Aigles de Carthage ont également payé leurs lacunes individuelles. Un homme, Ali Maaloul, symbolise ces coupables absences. Avec 17 pertes de balles directes face à la Belgique, le latéral gauche est directement impliqué sur deux des buts encaissés par son équipe. Le seul salut possible consistait à être compact, sans trop subir. La Tunisie a été compacte contre l’Angleterre, mais en subissant trop. Elle n’a pas trop subi contre la Belgique, mais en perdant sa compacité. Dans les deux cas, l’absence d’équilibre s’est avérée fatale. Comme si les promesses des matchs amicaux de préparation n’avaient pu être tenues une fois la compétition commencée. « Sur notre premier match on nous a reproché de mettre l’accent sur la défense et de ne pas assez attaquer, aujourd’hui on nous reproche nos erreurs de défense », a résumé Nabil Maaloul. Reste désormais à soigner sa sortie contre le Panama. Histoire de renouer avec une victoire en phase finale qui fuit la Tunisie depuis 1978.