Coupe du Monde 2018 - Maroc : Mbark Boussoufa, le régional de l'étape

Régulateur du jeu marocain, Mbark Boussoufa connaît bien la Russie pour y avoir évolué cinq ans durant. Retour sur une période marquante de la carrière du Lion de l'Atlas.

Il y a des petits joueurs dans les grands clubs, et des grands joueurs dans les petits clubs. A 33 ans, Mbark Boussoufa fait sans conteste partie de la seconde catégorie. Grand joueur par le talent s’entend, car par la taille le milieu de terrain est avec son mètre 67 l’un des trois joueurs les plus petits de ce Mondial 2018. Qu’importe : celui qui porte depuis 2016 les couleurs d’Al-Jazira aux Emirats arabes unis sera lors de cette phase finale l’un des hommes de base d’Hervé Renard. Le sélectionneur des Lions de l’Atlas compte sur sa vision du jeu, son sens de l’anticipation qui lui permet de ratisser d’innombrables ballons, sa qualité de passes, lui qui a toujours délivré plus de caviars qu’il n’a fait trembler les filets, et bien sûr sa grande expérience. Un vécu inégalé acquis pour une bonne partie en… Russie, où celui qui est international marocain depuis 2006 a évolué cinq ans durant, portant successivement les couleurs de l’Anzhi Makhachkala (2011-2013) et du Lokomotiv Moscou (2013-2016).

L’aventure de l’Anzhi Makhachkala

Trois fois vainqueur du Soulier d’ébène du meilleur footballeur africain de Belgique, au zénith de sa carrière (48 buts et 70 passes décisives en cinq saisons), Mbark Boussoufa quitte Anderlecht pour le Daghestan en 2011. De cette région du Caucase, le natif d’Amsterdam ne verra que le stade, les jours de match. Le reste de son temps, le joueur formé à… Chelsea le passe à Moscou, comme Roberto Carlos et Samuel Eto’o, les autres stars recrutées par l’oligarque et propriétaire du club Suleyman Kerimov. Même s’il continue de « faire ses stats » (6 buts et 16 passes décisives en deux saisons), « Bouss » tourne en rond et doit lutter contre l’ennui, loin de sa famille restée aux Pays-Bas. Un documentaire, « Voetbalmiljonair uit Oost » (littéralement millionnaire footballeur à l’est), le saisit alors dans son désœuvrement. Lorsque l’avenir s’assombrit pour l’Anzhi, Mbark Boussoufa rejoint le Lokomotiv Moscou, où il va vivre la pire période de sa carrière avant d’aller se relancer à La Gantoise, puis Al-Jazira.

« Content que cette Coupe du Monde se tienne en Russie »

Alors, un mauvais souvenir, la Russie, pour Mbark Boussoufa ? Pas le moins du monde, à en croire l’intéressé. « J’ai vécu six années extraordinaires à Moscou. C’est une belle ville et une des plus grandes d’Europe », déclarait-il en mars dernier dans un entretien accordé à FIFA.com. « Le championnat russe est l’un des meilleurs. À l’époque, huit clubs se battaient pour le titre, avec de grands joueurs étrangers. J’ai beaucoup appris sur les plans personnel et professionnel. Le pays a beaucoup investi dans le football ces dernières années et a consenti de nombreux efforts pour développer ce sport », ajoutait-il, très consensuel, avant de conclure : « Personnellement, je suis content que cette Coupe du Monde se tienne en Russie pour soutenir le football russe. » Et pour prendre sa revanche sur ses années difficiles ? Mbark Boussoufa n’en dira rien, mais tout le Maroc l’espère.

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