Exclusif-Interview / Mohammed Belmahi (Cyclisme/Maroc) : « L’équipe nationale a confirmé sa suprématie en Afrique »
Copyright : Panoramic
Quel bilan tirez-vous de cette Tropicale ?
Je tire un bilan positif surtout que l’équipe nationale du Maroc a confirmé sa suprématie sur le plan africain. Je suis satisfait car les coureurs marocains ont très bien tiré leur épingle du jeu sur le parcours. Le Maroc a remporté plusieurs maillots, celui du meilleur grimpeur : Tarek Chaoufi, du meilleur Africain : Adil Djelloul mais aussi du meilleur jeune : Reda Aadel.
Cinq Africains dans le top 10, qu’est ce que cela vous inspire ?
C’est un tour qui donne l’occasion aux coureurs africains, autres que marocains, de courir avec des pros. Les coureurs africains ont surtout des problèmes de visas pour émerger en Europe donc ils se contentent de faire des courses sur le continent. La Tropicale Amissa Bongo est donc une bonne fenêtre pour se mesurer aux as du cyclisme, notamment les Français.
L’Afrique a son mot à dire dans le cyclisme et le dira prochainement, surtout le Maroc et l’Erythrée. L’Afrique est en train de se construire, certes les cyclistes font surtout des courses amateurs mais elle va y arriver si les coureurs ont l’occasion d’avoir ce transfert de technologie avec les Européens. L’UCI nous aide beaucoup, nous accompagne et nous encourage à vulgariser le vélo en Afrique mais nous voulons qu’il y ait plus de tours et de partenariats avec les pays qui ont une tradition du cyclisme comme la France, l’Italie, l’Espagne pour qu’on puisse évoluer. L’UCI est en train de faire du très bon travail au niveau africain et asiatique, cela va réchauffer le temps et l’atmosphère dans le monde du cyclisme. Je suis donc très content car au Maroc, il y a une grande implication des pouvoirs publics, du comité olympique national, des entreprises nationales dans le monde du cyclisme : le pays a érigé le sport en droit constitutionnel donc il y a une renaissance dans le monde du sport et celui du cyclisme en particulier.
Je vais demander de faire une équipe continentale avec des pros dans laquelle il y aurait des coureurs marocains. Ils ont démontré depuis trois ans leur suprématie sur le plan africain en étant classée meilleur équipe du continent en 2009, 2010, 2011 tant sur le plan individuel que par équipes, elle est qualifié pour les JO et pour les championnats du monde. Nous avons aussi une écurie de jeunes. Les moins de 23 ans sont capables de faire du très bon travail, c’est une écurie de coureurs de premier rang.
Parlez-nous d’Adil Jelloul qui a terminé 3e lors de la Tropicale Amissa Bongo.
Adil Djelloul va perdre sa deuxième position au classement de l’UCI parce qu’il n’a pas participé à plusieurs courses : le Tour du Cameroun celui de l’Egypte et de Libye qui ont été annulés. Ce coureur a remporté haut la main le maillot du meilleur coureur africain à la Tropicale alors qu’il était très surveillé par tous les cyclistes. Je suis content, il a devancé de loin Thomas Voeckler, le coureur français qui a endossé de nombreuses fois le maillot jaune lors du Tour de France 2011. Mais, j’aurais préféré qu’il rattrape les 12 secondes qui le séparaient du vainqueur parce que je sais qu’il en avait les capacités. Cela va le motiver pour les Jeux Olympiques 2012, ce n’est que le début. J’espère qu’il va continuer sur cette lancée pour pouvoir faire une bonne prestation lors des prochains Jeux Olympiques.
Pouvez-vous nous dire quelques mots sur le meilleur jeune africain de la Tropicale, Réda Aadel ?
C’est un jeune très prometteur. Il fait partie de l’équipe des jeunes de moins de 23 ans et a été aussi classé parmi les meilleurs jeunes lors du Tour du Maroc. C’est un fonceur, sprinteur, charmant garçon qui a l’art d’écouter et de suivre strictement les consignes. Réda fait de bons entraînements et je suis très content de son apport au groupe, c’est un cycliste qui est promis à un grand avenir.
Cette prestation marocaine est-t-elle de bon augure à trois mois des JO ?
Oui, forcément. Avec le nouvel entraîneur, Andreas Peterman, vainqueur du Tour du Maroc en 1983, nous avons fait appel à l’expertise allemande et j’espère que l’on va faire une bonne prestation pour les JO.
Quel sera votre programme avant Londres ?
Nous avons prochainement le Tour du Prince héritier du Maroc, Moulay Hassan ben Mohammed mais aussi des tours en Autriche, en Irlande et en Allemagne. Le handicap que nous avons est que notre calendrier n’est pas le même que celui des Européens. Lorsque notre saison se termine, la leur commence donc nous avons adapté notre calendrier. Cette modification a porté ses fruits sur 6 courses et a été confirmé par le classement africain d’avril car le Maroc est toujours premier avec 673 points devant l’Afrique du Sud avec 513 pts. Au classement, nous sommes devant des équipes continentales, comme le MTN Qhubeka (ndlr, équipe sud-africaine), qui peuvent participer à des courses en Europe ce qui leur permet d’engranger plus de points que nous… Mon souhait est que notre équipe finisse aussi bien première par équipes qu’en individuel.