Cyclisme / Erythrée / Meran Russom : Le droit au rêve

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Après avoir porté fièrement le maillot jaune pendant deux journées, l’Erythréen Merom Russom a échoué à huit secondes du vainqueur de la Tropicale Amissa Bongo, le professionnel français Anthony Charteau.. Une remarquable performance qui en appelle d’autres. S’il a échoué pour le titre, le jeune talent a néanmoins laissé derrière lui quelques champions de haute volée, à l’image du Marocain Adil Jelloul ou de Thomas Vockler, le quatrième du classement general du Tour de France 2011. C’est à l’issue d’une deuxième étape très disputée que le sociétaire de l’équipe sud-africaine MTN-Qhubeka a créé la sensation. Seulement troisième, Russom profita de nombreuses bonifications à l’arrivée à Ndjolé pour ravir la précipiteuse tunique jaune. C’était une première pour le cyclisme africain dans cette Tropicale Amissa Bongo devenue une formidable base de départ de la saison estivale pour certaines formations professionnelles européennes. Ce maillot jaune, Russom a su le conserver durant deux étapes. En se comportant comme un coureur chevronné. Entre Franceville et Akieni, il se cala sur le rythme des Français Thomas Voeckler et Yohan Gene, et avec l’aide de son compatriote Jani Tweide Weldegabir, pour finir à la quatrième place dans le même temps que le vainqueur. Il a fallu attendre la quatrième étape et la montée en puissance de la formation Europcar pour voir Anthony Charteau, vainqueur de l’édition 2010 et 2011, s’imposer et ravir le jaune à l’Erythréen, victime d’une chute à cinq kilomètres de l’arrivée. Pour huit secondes! Huit secondes que Russom ne pourra pas combler malgré ses efforts et ceux de ses coéquipiers lors des deux dernières étapes ( Lekoni –Franceville et Owendo – Libreville). Mais avec cette démonstration en terre gabonaise, Russom a montré qu’il était clairement sur les traces de ses prometteurs compatriotes Daniel Teklehaimanot, Natnael Teweldemedhin Berhane et Tesfaye Habtemariam.
La belle deuxième place remportée dans la Tropicale est dans la continuité de ce que fait l’Erythréen depuis deux ou trois ans : septième du Tour du Maroc 2012, sixième du Tour du Rwanda 2011, premier du Tour de l’Erythrée 2011 et animateur du Tour de Langkawi (Malaisie) avec l’équipe sud-africaine MTN-Qhubeka qu’il a rejoint au début de l’année 2012. Son entrée dans le monde professionnel va certainement accélérer sa progression. Car au sein de la formation sud-africaine, il est désormais entouré de coureurs ayant déjà fait leurs preuves au niveau international, tels Reinardt Janse van Rensburg (vainqueur du Tour du Maroc 2012) et le Rwandais Adrien Niyonshuti.
Le coup d’éclat de Russom à Libreville face à des coureurs qui se préparent à disputer cet été le Tour de France ou le Giro a en partie inspiré cette sortie du président de la République du Gabon, Ali Bongo à l’heure du bilan de la Tropicale : « Nous nous réjouissons de voir de plus en plus de participation africaine et de permettre aux Africains de se confronter avec des professionnels et surtout espérer que de cette confrontation et des différentes épreuves qui se déroulent en terre africaine pourront sortir des champions qui pourront un jour briller sur la plus grande course du monde: le Tour de France.” Une chose est sûre, des coureurs de la trempe de Meran Russom ont ouvert au cyclisme africain le droit au rêve.
Profil
Russom Meran
Né le 12 mars 1987 en Erythrée
Equipe: MTN – Qhebeka, Afrique du Sud
Classement UCI Africa Tour : 32e
Meilleures performances
Champion d’Afrique du CLM par équipes (2010)
1er du Tour de l’Erythrée 2011
2e de la Tropicale 2012