CHAMPIONNATS D’AFRIQUE DE JUDO (Agadir, Maroc) : Le Maghreb confirme, mais…

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Les Championnats d’Afrique des nations n’ont pas dérogé à la tradition instaurée depuis quelques lustres qui veut que le Maghreb, Algérie ou Tunisie, gagne à la fin. Cette fois, l’Algérie a pris la tête, notamment grâce à une formidable équipe féminine. Avec un total de 17 médailles, elle demeure à un niveau élevé d’efficacité. Pourtant, lors du rendez-vous d’Agadir, l’Algérie a été plus que bousculée chez les hommes. Face à la redoutable concurrence égyptienne, tunisienne et marocaine, les Algériens ont dû se contenter de médailles d’argent et de bronze. D’anciens podiums mondiaux tels Abderahmane Benamadi (- 81Kg) ou Amar Benikhlef (-90 kg) ont été écartés de la plus haute marche au niveau continental. C’est un signe. Il faut dire que la concurrence s’intensifie. Et elle n’est pas que nord-africaine. Des pays tels le Cameroun, le Gabon, le Sénégal, l’Afrique du Sud ou la Libye viennent bousculer les certitudes. Cela prouve que le travail de fourmi effectué dans certaines régions commence à payer, même si l’avance des quatre “fantastiques” du Nord est confortable. Pour le moment.
L’ANALYSE DU TOURNOI
Ils (elles) surprennent
Messieurs
La plus grosse surprise est venue de la catégorie des plus de 100 kg. Chez les lourds, on pensait qu’il y avait l’Egyptien Islam El Shebaby et les autres. Et bien non, le Marocain Malki El Mehdi ( 50ème mondial ) a soulevé des montagnes et renvoyé le dauphin planétaire de Teddy Riner à ses chères études. Accident ou grosse alerte pour l’Egyptien? Affaire à suivre lors des prochains tournois. Comme il faudra attendre une confirmation pour le géant marocain.
Dames
Dans une catégorie très ouverte, la Tunisienne Ayari Hela a su prendre sa chance et remporter son premier titre continental. L’Algérienne Tariket Ratiba a fait un sacré bond en avant. Troisième seulement en 2011, elle a inscrit un premier titre à son palmarès chez les moins de 57 kg. Les Marocaines Rania El Kilali ( – 78 kg) Zouak Rizlen ( -63kg) sont les judokates qui montent. La première à mis fin au long règne de la Tunisienne Nihel Chikhrouhou et la deuxième a confirmé ses récentes sorties en Coupe du monde (Budapest, Varsovie).A noter, la performance de la Mauricienne Anabelle Laprovidence chez les plus de 78 kg (3e) et la constance de l’Angolaise Antonia Moreira barrée pour le titre par l’intouchable Miled Houda.
Ils (elles) confirment
Messieurs
Jaballah Fayçal (Tun) et Attaf Safouane (Maroc): le Tunisien avait réalisé de belles prouesses lors des différents Grands Prix disputés depuis le début de l’année. Sa victoire à Agadir dans la catégorie Open, même en l’absence d’Islam El Shehaby, mérite l’intérêt et consolide la course du judoka vers Londres 2012. Le Marocain Attaf Safouane est dans la même configuration. Il frappe un joli coup en dominant deux sacrés clients, l’Algérien Abderahmane Benamadi et l’Egyptien Mohamed Darwish. Après un petit relâchement à Dakar en 2011 (3e), il reprend sa place en tête de l’élite continentale. Enfin,mine de rien, l’Ivoirien Romeo Kone Kinapeya s’installe sur le podium chez les moins de 90 kg. Troisième en 2010, il l’est encore en 2012. Tout comme Gideon Van Zyl. Champion en 2011,le Sud-africain échoue sur le fil en finale face à l’Egyptien Hussein Hafiz dans la catégorie des moins 73 kg.
Dames
La Camerounaise Philomène Bata, 3ème chez les moins de 48 kg, s’installe de façon régulière sur le podium. En 2010 et en 2011, elle était deuxième.Tout comme la Gabonaise Sandrine Iloudou ( -48 kg) et l’Ivoirienne Dabonne Zouleiha Abzetta (-52kg) régulièrement classées dans le Top 5 africain.
Ils (elles) piochent
Messieurs
Dieudonne Dossalem n’y arrive pas. Il semble condamné à rester sur la deuxième et la troisième marche du podium. A Agadir, il a terminé second. Comme en 2009, à Maurice. Mais il fait mieux qu’en 2010 ( 3e à Yaoundé) et en 2011 (3e à Dakar). Il faut dire que le Camerounais doit composer avec l’Algérien Amar Benikhlef et avec l’Egyptien Hesham Mesbah, de vraies pointures internationales. Son compatriote Frank Martial Moussima Ewane ( -100 kg et Open) est dans la même configuration.
Dames
La Sénégalaise Hortance Diedhiou a raté une belle occasion de conserver son titre. On pourrait en dire autant de la Marocaine Fatima Zohra Ait Ali qui partait avec les faveurs du pronostic devant son public.
Ils (elles) baissent
Messieurs
Le Sud-africain Patrick Trezise est tombé de haut. Troisième en 2008 et 2009, deuxième en 2011, il est cette fois resté au pied du podium. Mais la chute la plus dure concerne l’Egyptien Islam El Shehaby. Le prince des poids lourds n’a apparemment pas vu venir la menace El Mehdi Malki.
Dames
Nebie Severine : troisième chez les moins de 63 kg. Elle avait été la surprise du chef en 2011 à Dakar en remportant le titre, le premier dans l’hsitoire du judo burkinabè. Mais la plus grosse chute concerne la Tunisienne Nihel Chikhrouhou. La judoka de 25 ans restait sur quatre victoires continentales consécutives ( 2008, 2009, 2010 et 2011) avant de laisser filer le titre à Agadir devant la Marocaine qui monte, Rania El Kilali.
Ils (elles) sont indétrônables
Trois athlètes méritent ce statut Deux femmes, Miled Houda et Soraya Haddad, et un homme, Darwsih Ramadan.
Miled Houda a remporté son quatrième titre africain (, 2008,2010 , 2011 et 2012). Vainqueur du Grand Prix de Sofia, troisième du Mondial de Rotterdam en 2009, la Tunisienne est la reine de la catégorie des moins de 70 kg. Qui ne connaît pas l’Algérienne Soraya Haddad? La native d’El Kseur possède un palmarès plus long que le bras. Médaillée au Mondial, aux Jeux Olympiques, habituée des podiums dans les tournois du Grand Chelem, elle est la référence du judo féminin en Afrique. Sa victoire à Agadir est logique. La trajectoire de l’Egyptien Ramadan Darwsih ressemble à celle de l’Algérienne. Il a tout gagné sur le continent et grimpe régulièrement sur les podiums mondiaux les plus prestigieux. Son talent a une nouvelle fois fait la difference à Agadir.