Shay : « En RD Congo la musique est partout, même dans les pubs ! »

Shay est un nom dont il faudra s’habituer dans l’univers du rap afro. Elle est la petite fille de la légende de la musique congolaise Tabu Ley Rochereau. Alors qu’elle va mettre sur le marché dans les jours à venir son premier disque « jolie garce », prévu le 2 décembre prochain. C’est d’ailleurs à ce titre qu’elle a accordée une interview à Jeune Afrique.

« J’ai une relation d’amour avec l’Afrique et la RD Congo, mon pays. Je suis née en Belgique, à Bruxelles, d’un père polonais belge et d’une mère congolaise. J’ai vécu en RD Congo en 2005 pendant un an et demi. C’était la première fois que j’y allais. Quand je suis sortie de l’avion je me souviens du sentiment que j’ai eu, d’être chez moi », c’est en ces mots que Shay décrit son amour et son attachement à son Afrique.

Son titre « PMW » cumule aujourd’hui plus de trente millions de vues sur Youtube. Cela traduit-il la touche féminine qui manquait depuis peu au rap francophone ? Ou tout simplement l’expression d’histoire de gêne familial, car oui, Shay est la petite fille d’un monument de la musique africaine Tabu Ley Rochereau « J’étais très proche de lui. Étant donné qu’il voyageait beaucoup, je ne le suivais pas forcément. Mais j’étais là pendant ses concerts en Belgique, en France », commente-t-elle.

A propos de la musique congolaise, elle affirme très clairement lors de l’interview : « Je ne veux pas rabaisser les autres pays, mais on est numéro un dans la musique ! Plus sérieusement, je pense que notre culture musicale nous permet d’avoir beaucoup de flow, une certaine ouverture, une recherche. Et ça se ressent dans le game. En RD Congo la musique est partout, même dans les pubs ! Elles sont chantées, ce sont de vrais clips. »

Notons que l’artiste a bénéficié du coup de pouce d’un certain Booba pour être révélée au public. D’ailleurs, Shay reconnait avoir fait l’objet d’une certaine discrimination positive. Le rap féminin se sentait orphelin d’après elle depuis Diams. « Après, je vois bien que parfois le public a du mal avec un morceau parce que je suis une femme. Je suis donc obligée de sortir le tube incontestable pour qu’on dise : « ok elle a du talent ». À partir de « PMW » ça a fonctionné. »