"Batuk", figure de proue de la house music africaine

Ils sont principalement trois artistes à la base du groupe sud-africain Batuk. Au cœur de leur projet, la house music. Batuk, une vision panafricaine conduit par le producteur de house Aero Manyelo, Spoek Mathambo, artiste polyvalent, et la chanteuse Manteiga. Au-delà de ce trio de base, Batuk rassemble des musiciens venus d’Ouganda (Giovanni Kiyingi, Annet Nandujja, Nilotica), du Congo (Lebon) et du Mozambique (Grupo Zore, Grupo Makarita). Le groupe qui prépare un second album qui paraîtra en juin prochain, a accordé un entretien au magazine Traxmag, où ils parlent de leur projet, et de l’ambiance au sein du groupe qui représente aujourd’hui le l’électro africain au-delà du continent.

 » J’ai l’impression de créer du lien entre des personnes et des musiques très différentes. L’afro-house est quelque chose qui se répand de plus en plus dans les différentes régions d’Afrique, mais sans que les musiciens soient forcément liés entre eux. Au-delà des nationalités, je voulais montrer les points communs entre nous, et retirer quelque chose de tout ça » affirmait Spoek Mathambo initiateur du groupe et du projet à LesInrocks il y’a quelque temps.  » Je suis toujours en train de réfléchir à de nouveaux projets créatifs, des concepts thématiques, des manières d’élargir ma pratique artistique. Je connaissais Manteiga et Aero et je les ai présentés l’un à l’autre, avec en tête l’idée qu’Aero produirait des beats sur lesquels Carla chanterait en portugais. Nous voulions mélanger les langues, trouver une manière de surmonter les barrières culturelles entre les pays africains francophones, anglophones, lusophones… » ajoute-t-il au Traxmag.

A la question de savoir comment met-on son ego de côté afin que le groupe puisse se construire ? Voulant ainsi savoir si c’est facile de mettre ses propres prérogatives artistiques de côté, Aero répond « ça a été assez facile jusqu’à présent ; nous avons beaucoup de choses en commun, nous sommes passionnés par les mêmes sons. » Et à Manteiga de compléter, « nous avons tous nos projets et nos perspectives respectifs, mais c’est justement cela qui alimente notre collaboration. » Oui, nous mettons ces perspectives en commun pour le bien du groupe, » conclu Speok.

Bien que pas très connu sur le reste du continent, le groupe a le vent en poupe en Afrique du Sud et France où le premier album a eu beaucoup de succès. En ce moment au Burkina Faso pour un projet de film, le second album du groupe est en plein mixage et mastering.