Quand la mémoire d’Aulas lui joue des tours

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Jean-Michel Aulas n’arrive plus à cacher son aigreur envers la réussite actuelle du PSG. Mais le patron de l’OL a la mémoire courte. Il y a peu, c’est son club qui était à la place de Paris.
Il ne manquait qu’un compte Twitter à Jean-Michel Aulas. C’est désormais chose faite et le patron de l’OL peut gazouiller autant qu’il veut. Comme on le pensait assagi, heureux de l’attitude d’un Bastos rejoignant Schalke ou satisfait de l’arrivée en France d’un David Beckham, on se disait qu’on risquait toutefois de regretter le temps des colères plus ou moins calculées. Ses prises de position teintées de mauvaise foi, ses sorties au vitriol… Et puis voilà que le boss lyonnais a retrouvé sa gnac et son côté Caliméro : une série de tweets dans la foulée du revers surprise à Ajaccio pour rappeler son bilan et la bonne santé globale de l’entité OL malgré les soucis financiers que le club n’a jamais masqués. Une sortie médiatique pour regretter que la chance ait choisi le PSG plutôt que l’OL…
Derrière tous ces mots rappelant la fabuleuse histoire contemporaine du meilleur club français des années 2000, on sent l’amertume d’un homme qui n’arrive plus à cacher son désarroi. L’OL n’est plus le centre de la France. Ce club qui faisait la Une. La capitale des Gaules devenue la Capitale de la Gaule footballistique, qui réussissait les plus beaux transferts, les plus beaux coups européens, les parcours nationaux les plus dominateurs. Il serait évidemment dommage que Jean-Michel Aulas et son club se tournent trop sur leur passé plutôt que sur le présent et l’avenir. Oui, le PSG est aujourd’hui en tête du championnat. Oui, le club de la Capitale possède des moyens supérieurs aux autres. Oui, contrairement à l’OL, Paris s’est pratiquement construit en un jour. Mais la roue tourne dans la vie comme en football et on doit avouer qu’on aimait bien le rôle récent de l’ex taulier de la L1 passé dans l’ombre : modeste, patient, presque bienveillant. Comme si Jean-Michel Aulas avait trouvé la sagesse. Avec une petite touche d’acidité parfois mais globalement, on le trouvait plus ouvert aux autres.
La couronne est offerte à Nasser Al-Khelaïfi
Contrarié, alors que son club réalise un parcours somme toute inattendu vu la rigueur imposée et l’attente interminable d’un stade qui doit permettre à Lyon de retrouver une partie de son faste d’antan, le gagneur qu’est Jean-Michel Aulas n’a pu s’empêcher de rechuter. Montrant qu’il croyait pouvoir venir embêter le PSG dans la course au titre, il est apparu vexé comme un gamin dans une cour d’école que le PSG soit devenu plus grand, plus beau, plus fort… Mais JMA a la mémoire courte : qu’il se souvienne qu’il y a peu, Lyon écrasait tout en France, sportivement et économiquement. Que la voix de l’OL faisait frémir les arbitres, changeait le montant d’un transfert… Intelligemment, Jean-Michel Aulas savait mettre la pression sur quiconque. Il était le véritable roi de la Ligue 1. Et la chance souriait à l’OL.
Aujourd’hui, la couronne est offerte à Nasser Al-Khelaïfi et JMA semble avoir du mal à le digérer. On le comprend : dans toute entreprise, il est difficile de se voir devancer par un petit nouveau alors qu’on présente un long et bon bilan. Si on peut accepter quelques états d’âme de Jean-Michel Aulas, qu’il stoppe tout de suite ce genre de discours pleurnicheur ! On le préfère dans son rôle de manager plutôt que dans celui de commentateur aigri. Si le PSG doit tout écraser en France, que JMA se concentre sur le reste : accrocher une place en Ligue des Champions qui a échappé à l’OL l’an passé. Et pourquoi pas réussir un formidable coup européen en Ligue Europa ? Après avoir rêvé trop fort de la C1, Lyon pourrait peut-être faire de l’ombre au PSG et retrouver la Une à l’aune d’une épopée européenne. On en espérerait presque, si c’était le cas, que le rival parisien n’aille pas chercher la Ligue des Champions dès cette saison. Pour ne pas faire davantage d’ombre au Caliméro lyonnais…