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L’herbe est plus verte ailleurs

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On peut se plaindre de la qualité des matchs, du niveau des joueurs, du coaching des entraîneurs ou des décisions des arbitres de Ligue 1. Mais que faire sur ces gazons maudits ?

Là où il passe, l’herbe ne repousse pas. Mais pour le coup, il faudra trouver un autre responsable que notre ancêtre Atilla le Hun, battu en Gaule sur les Champs Catalauniques en 451 (promis, c’est la fin du rappel historique), pour expliquer l’état catastrophique des pelouses de Ligue 1 françaises. Montpellier, Toulouse, Reims, Valenciennes, Brest, Bastia, Lille… On en passe et des moins meilleures. Oui, l’hiver est rude. Oui, l’hiver est long. Mais quand on ne veut pas d’une longue trêve hivernale et qu’on multiplie les rencontres, on prend les mesures nécessaires pour préserver les rectangles verts. Et pourtant, d’année en année, les pelouses françaises ressemblent trop souvent à des champs de patates où la conduite de balle devient plus qu’un sport : un art aléatoire !
Le synthétique, seule solution ?
Alors c’est vrai, certains terrains italiens, pensez à Giuseppe-Meazza, ne sont pas de meilleures factures. Mais intéressons nous d’abord à cette Ligue 1 et à ses matchs de piètre qualité. Si la LFP se gargarise de vendre un beau spectacle, la qualité des copies hivernales a de quoi faire peur. On peut estimer que nos coachs et nos joueurs sont moins bons qu’ailleurs. Mais que faire sur des pelouses catastrophiques ? L’un des matchs les plus spectaculaires du week-end ? Lorient-Valenciennes, disputé sur un synthétique. Lassé de ne pouvoir travailler dans de bonnes conditions, le club a décidé de se passer d’une pelouse naturelle. Nancy et Châteauroux également. Si certains grincheux pestent contre cette surface, il faut quand même bien admettre que jouer au football dessus en hiver est souvent plus facile que sur les prairies bosselées d’autres cités.
Qui est le coupable ?
La LFP est consciente du problème. Des études sont faites et on s’intéresse à toutes les données : chauffage des terrains, luminothérapie, arrosage, formation des personnels… Tout a été passé au peigne fin depuis 2005 afin de trouver la solution miracle. Mais la preuve est là : à chaque journée de championnat, l’herbe est moins verte chez nous qu’ailleurs. Qui accuser ? Les clubs ? Pas propriétaires de leur stade, ils se défaussent vite sur les véritables tauliers de l’enceinte. A Toulouse par exemple, on veut attendre 2015 pour changer tout le substrat. Le Téfécé, qui en plus partage son terrain avec des rugbymens, devra attendre pour disposer d’un vrai billard… A Reims, Lille ou Valenciennes, trois enceintes modernes, la conception architecturale du stade n’a visiblement pas assez pris en compte le facteur qualité de la pelouse. La LFP demandait pourtant d’être vigilant.
Autant demander à une ballerine de jouer les dockers
Donc la solution miracle n’existe pas. A moins de passer au tout synthétique ou de réaliser une révolution, il faudra continuer à supporter ces batailles sur ces pelouses maudites. Ah oui, le football est un spectacle… C’est aussi un maillon économique important dans lequel on oublie tous les fondements. A quoi bon se payer des Lucas Moura, le type de joueur technique capable d’emporter les foules par ses dribbles et accélérations, s’il doit évoluer sur des revêtements aussi catastrophiques et troquer ses dribbles contre du jeu physique ? Autant demander à une ballerine de jouer les dockers. Le grand philosophe marseillais Joey Barton n’avait pas forcément tort il y a quelques jours dans L’Equipe : « En Angleterre, il y a une récompense chaque saison pour la meilleure pelouse. Là, le pire, c’était Bastia. Mais si je suis dirigeant de Bastia et que j’ai 500 000 euros, je préfère les mettre dans un joueur plutôt que dans une nouvelle pelouse. » Triste réalité en effet…

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