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Timor oriental: la lutte sans fin contre la pauvreté

Une femme fouille un tas d'ordures en mai 2012 à Dili, au Timor oriental,  l'un des pays les plus pauvres d'Asie. (© 2009 AFP)

Treize ans après la fin de l’occupation indonésienne qui a décimé plus du quart de sa population et laissé le pays exsangue, le Timor oriental, qui vote samedi pour choisir ses députés, lutte toujours pour sortir sa population de la pauvreté.

La guérilla contre la puissance coloniale portugaise, qui s’est retirée en 1975, puis le conflit provoqué par l’invasion indonésienne (1975-1999), ont anéanti l’économie de ce confetti d’Asie du Sud-Est.

Malgré l’apport, selon les statistiques officielles, de plus de 1,5 milliard de dollars par les donateurs internationaux entre 1999 et 2011, près de la moitié des 1,1 million de Timorais vivent encore sous le seuil international de pauvreté.

L’ancien guérillero Taur Matan Ruak, nouvellement élu à la présidence, a promis la réduction de la pauvreté et du chômage, qui touche 20% de la population.

« Nous devons investir en faveur des échanges commerciaux, des infrastructures et de l’éducation… (et) nous devons créer des centres de développement en dehors des grands centres urbains », a t-il estimé dans un entretien à l’AFP.

A Dili, une amorce de développement est visible, à l’image de certains bâtiments officiels flambant neufs, dont le palais présidentiel, achevé avec l’aide de fonds chinois.

Mais une heure de route hors de la capitale suffit à saisir l’ampleur du défi que devra surmonter le prochain gouvernement issu des législatives du 7 juillet.

Dans le village de Lau Lora, les enfants marchent pieds nus et mangent à même le sol dans des taudis de fortune.

Olandina Guterres, 40 ans, une mère de famille nombreuse, tresse des feuilles de bananier pour les revendre et gagner un maigre revenu.

« Moi, je m’estime heureuse. Ici, nous venons d’avoir l’électricité, même s’il y a très souvent des coupures », raconte cette ancienne institutrice. « Il y a des progrès, mais c’est très lent », ajoute-t-elle.

Son voisin Mariano Pereira est agriculteur, comme 80% de la population active du Timor. « On trouve difficilement de quoi manger. Je n’ai que mon métier de fermier. C’est tout juste assez pour nourir ma famille et on ne produit pas assez pour revendre », dit-il.

Malgré l’aide internationale, la productivité agricole reste l’une des plus faibles d’Asie. La FAO (Organisation des Nations Unies pour l’Agriculture et l’Alimentation) prévoit en 2012 une hausse de 9% des importations timoraises de céréales.

« Le secteur agricole doit être très nettement renforcé… La base de l’économie devrait être la production de choses simples pour la consommation locale comme l’eau, les bougies, les cigarettes. Malheureusement, le gouvernement rêve plutôt de raffineries, de quoi épuiser ce qui reste de l’argent du pétrole et laisser la population sans rien », estime Charles Sheiner, de l’ONG timorais La’o Hamutuk.

La découverte d’un gisement d’hydrocarbures prometteur a fait naître l’espoir d’un développement économique, mais qui reste à concrétiser et qui fait craindre une trop forte dépendance du Timor oriental : plus de 90% des dépenses de l’Etat sont actuellement réglées avec l’argent de l’or noir et du gaz, faisant du Timor « l’économie au monde la plus dépendante des hydrocabures », selon le Fonds monétaire international.

Le gouvernement a lancé en 2011 un « plan stratégique de développement », avec pour objectif d’améliorer d’ici à 2030 ses infrastructures, l’éducation et la formation, le système de santé et de faire reculer la malnutrition.

Le FMI a toutefois appelé à modérer les projets d’investissements à court terme, craignant qu’ils n’alimentent une inflation surtout préjudiciable aux plus pauvres.

Signature : Vincent SOURIAU DILI (AFP)

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