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Syrie: bombardements meurtriers sur Alep et Homs

Carte de localisation des principaux affrontements à Alep (© 2009 AFP)

Des bombardements de l’armée syrienne ont ensanglanté vendredi Alep et Homs, faisant au moins 30 morts et un grand nombre de blessés dans ces deux villes, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme.

A New York, Lakhdar Brahimi, un diplomate algérien rompu aux missions délicates, était pressenti pour remplacer Kofi Annan comme émissaire de l’ONU et de la Ligue arabe en Syrie, malgré les divergences persistantes sur ce dossier au sein du Conseil de sécurité ayant conduit M. Annan à jeter l’éponge la semaine dernière. Selon l’ambassadeur français à l’Onu, Gérard Araud, le successeur de Kofi Annan devrait être nommé lundi ou mardi.

Les Etats-Unis ont de leur côté accusé le parti chiite libanais Hezbollah de jouer un « rôle central » dans la répression en Syrie et annoncé des sanctions contre une compagnie pétrolière syrienne d’Etat, Sytrol, en raison de ses relations commerciales avec l’Iran, l’allié de Damas et lui-même sous le coup de sanctions occidentales pour son programme nucléaire controversé.

La secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton a quitté vendredi le Bénin, dernière étape de sa tournée africaine, pour se rendre en Turquie où elle doit avoir des entretiens sur la crise syrienne.

Cependant, des combats très violents se poursuivaient à Alep pour le contrôle de la deuxième ville de Syrie, poumon économique du pays proche de la frontière turque.

Les autorités ont affirmé avoir repoussé une attaque rebelle contre l’aéroport international de la ville, théâtre de combats depuis le 20 juillet.

Dans un quartier tenu par les rebelles, Tariq al-Bab (est), un obus est tombé sur une boulangerie où des centaines de Syriens faisaient la queue, faisant une dizaine de morts, dont trois enfants.

« Donnez-nous des armes antiaériennes »

Par ailleurs, une manifestation organisée après la prière comme tous les vendredis depuis le début de la révolte en mars 2011 a été violemment réprimée dans un quartier sous contrôle de l’armée, le Nouvel Alep. Celle-ci a ouvert le feu sur la foule, tuant un étudiant de 19 ans, a affirmé l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).

Alors que les positions rebelles sont bombardées par voies terrestre et aérienne, les manifestations se sont déroulées sous un slogan en forme d’appel à la communauté internationale: « Donnez-nous des armes antiaériennes ».

A Alep, des accrochages ont eu lieu dans le quartier emblématique de Salaheddine (sud-ouest), d’où les insurgés avaient effectué la veille un « retrait tactique » face aux bombardements intenses de l’armée.

« Nous sommes toujours là, à Salaheddine », a déclaré à l’AFP un combattant rebelle sous couvert de l’anonymat, à une centaine de mètres du rond-point central du quartier, tenu par l’armée régulière. « Notre but est d’empêcher leur troupes d’avancer », a-t-il expliqué.

Dans le quartier Hanano, quatre bombes larguées par un Mig 21 sont tombées à l’aube dans la cour du QG de l’ASL et sur un immeuble d’habitations où il y a eu plusieurs blessés.

Très remontés, les habitants ont crié leur colère contre les Etats-unis et la France qui soutiennent pourtant la rébellion. « Personne ne nous aide », ont-ils lancé.

A Homs dans les centre du pays, l’armée a pilonné l’enclave rebelle de Khaldiyé, faisant des « dizaines de morts et de blessés » selon l’OSDH.

Au total, les violences ont causé la mort d’au moins 103 personnes, dont 55 civils, 31 soldats et 17 rebelles selon l’OSDH.

Près de Damas, trois journalistes syriens travaillant pour une chaîne d’Etat syrienne ont été capturés par les rebelles alors qu’ils accompagnaient l’armée dans une opération, selon l’OSDH.

Human Rights Watch a appelé vendredi les belligérants à « respecter les lois de guerre » en ne visant pas les civils et en ne menant pas d’attaques indiscriminées.

Des milliers de déplacés

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) s’est alarmé de la situation humanitaire à Alep.

« Des milliers de personnes ont quitté leur domicile et commencent à se réfugier dans des bâtiments publics », a indiqué Marianne Gasser, chef de la délégation du CICR en Syrie, ajoutant que plus de 80 écoles accueillaient des déplacés.

Le CICR est d’autant plus inquiet que « le Croissant rouge syrien a dû suspendre la plupart de ses activités en raison du danger extrême ». Selon le CICR, « des dizaines de bénévoles » continuent cependant de livrer de la nourriture.

Alors que sa nomination comme médiateur est attendue en début de semaine prochaine, l’ancien chef de la diplomatie algérienne Lakhdar Brahimi, 78 ans, a appelé « le Conseil de sécurité de l’ONU et les Etats de la région à s’unir pour permettre une transition politique dès que possible » en Syrie.

Le Conseil de sécurité n’a pas réussi jusqu’à maintenant à voter toute résolution condamnant le régime syrien en raison des divergences entre les Occidentaux et la Russie.

L’imam de La Mecque, premier lieu saint de l’islam, a exhorté les participants au sommet islamique prévu mardi dans la ville sainte, à faire preuve de fermeté à l’égard du régime en Syrie, qu’il accuse de « génocide ».

Près de 17 mois après le début de la révolte, les violences ont fait plus de 21.000 morts en Syrie, selon l’OSDH.

Signature : ALEP (Syrie) (AFP)

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