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Soudan: traces de combats dans la province pétrolifère du Kordofan-Sud

Des maisons détruites lors des combats entre l'armée soudanaise et les forces du Soudan du Sud, le 12 avril 2012 à Talodi, dans le sud-Kordofan (© 2009 AFP)

Lits brûlés, toits de paille ou de tôle effondrés, vaisselle brisée: une offensive particulièrement agressive des rebelles sur la bourgade de Talodi, dans la région pétrolifère soudanaise du Kordofan-Sud, au début du mois, a laissé des traces.

Les forces rebelles ont mené cette attaque avec le soutien du Soudan du Sud, accusent les autorités soudanaises, qui ont escorté jeudi les journalistes jusque dans cette localité située à 50 km de la frontière, une des rares visites de presse autorisées dans la zone frontalière entre Soudan et Soudan du Sud.

« Il paraît que deux femmes âgées ont été blessées », dont l’une grièvement, a déclaré la secrétaire d’Etat à l’Information, Sana Hamad, accompagnant les journalistes.

Khartoum n’autorise pas de reportage indépendant au Kordofan-Sud, dernier Etat pétrolier du Soudan depuis la sécession du Soudan du Sud, et théâtre depuis juin 2011 d’affrontements qui auraient fait des centaines de morts entre l’armée soudanaise et les rebelles du SPLM-Nord.

En raison des restrictions d’accès imposées aux journalistes, diplomates et humanitaires, il est difficile d’identifier les protagonistes et d’évaluer l’intensité des combats.

Dans la petite centrale électrique locale, des responsables ont montré des réservoirs de fioul noircis par le feu après que l’un d’eux a été touché par un projectile qui a laissé un trou de 30 cm de diamètre.

Sur une route, le commissaire du district Almagbul Hajam pointe du doigt ce qui ressemble à un nid de poule, et en extrait deux éclats, preuve selon lui qu’un obus a éclaté à cet endroit.

Le marché, où les échoppes étaient ouvertes, est surtout fréquenté par des militaires. Un commerçant indique par l’entremise du traducteur officiel être « rentré il y a trois jours » après avoir fui les violences.

Cette semaine, de nouveaux heurts ont éclaté à 100 km de Talodi, autour d’Heglig, où se trouve le principal champ pétrolier du Soudan. Khartoum et Juba n’ont jamais semblés aussi proches d’une nouvelle guerre, tandis que la communauté internationale s’inquiète du risque de famine.

Mais durant les cinq heures de visite à Talodi, un gros village composé surtout de huttes, aucun tir n’a été entendu.

Les autorités locales ont affirmé que les habitants qui avaient fui les combats étaient en train de revenir, et qu’elles n’avaient pas besoin d’un plan d’aide international pour fournir de la nourriture à la région.

Environ 30.000 personnes ont été touchées par les violences à Talodi, ont-elles estimé.

Depuis le début des heurts au Kordofan-Sud en juin, les rebelles du SPLM-N n’ont jamais réussi à prendre Talodi, mais cette fois leur assaut a duré sept jours, selon le gouverneur Ahmed Haroun. « Quand ils ont senti qu’ils (…) échouaient, ils ont bombardé la localité », a-t-il ajouté, faisant état d’un bilan invérifiable de 35 civils tués et 54 blessés.

Après une visite secrète dans la région, l’acteur américain George Clooney a rapporté le mois dernier avoir vu des centaines de personnes fuyant les bombes de l’armée soudanaise, destinées aux rebelles mais frappant régulièrement des civils.

Les insurgés du SPLM-N, la branche Nord du Mouvement populaire de libération du Soudan ont combattu au côté des rebelles sudistes pendant les décennies de guerre civile conclues en 2005 par des accords de paix ayant débouché sur l’indépendance du Soudan du Sud en juillet dernier.

Le Soudan du Sud rejette les accusations de Khartoum selon lesquelles Juba soutient les rebelles combattant les troupes gouvernementales soudanaises depuis plusieurs mois au Kordofan-Sud et dans l’état voisin du Nil Bleu.

Signature : Ian TIMBERLAKE TALODI (Soudan) (AFP)

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