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RDC: l’armée intensifie les frappes contre les mutins ex-rebelles de l’est

Des habitants de la ville de Kibumba, dans le nord-Kivu, fuient pour gagner Goma à la suite de violences entre l'armée et des mutins, le 8 mai 2012 (© 2009 AFP)

L’armée de la RD Congo a intensifié son offensive dans la province instable du Nord-Kivu (est) contre des mutins ex-rebelles qu’elle combat depuis près de deux semaines et qui résistent malgré un premier bombardement aérien de leurs positions samedi.

« Deux avions de guerre viennent (…) de bombarder la colline de Runyonyi et de Chanzu », près de la frontière avec le Rwanda, a déclaré samedi après-midi à l’AFP un colonel loyaliste des Forces armées (FARDC), sans donner plus de précisions.

Me Omar Kavota, vice-président de la société civile du Nord-Kivu, a confirmé à l’AFP le bombardement de Runyonyi, « base » des mutins, Chanzu, ainsi que de Bikenge. « Mais les mutins gardent toujours le contrôle de ces localités » prises jeudi, et ne semblent pas « destabilisés ».

Selon lui, les mutins ont toutefois « échoué » dans leur tentative de prendre la base militaire de Rumangabo depuis la colline stratégique de Mbuzi après avoir été repoussés par les FARDC. Les mutins ont également été chassés de Bunagana, à la frontière avec l’Ouganda, selon des sources militaires.

Les dissidents se réclament du Mouvement du 23 mars (M23), un nouveau mouvement militaire composé d’ex-membres de l’ancienne rébellion du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) et dirigé par le colonel Sultani Makenga, un ex-officier du CNDP qui a déserté le 4 mai avec plusieurs dizaines de ses hommes.

Début avril, plus d’une dizaine d’officiers supérieurs de l’ex-CNDP, intégrée dans l’armée en 2009 après des accords de paix avec Kinshasa, ont déserté avec quelques centaines d’hommes dans les provinces instables des Nord et Sud Kivu (est).

Dix-huit déserteurs sont jugés depuis vendredi en « audience foraine » -forme d’audience publique- à Uvira, dans le Sud-Kivu. Ils appartiennent aux ex-rébellions du CNDP ou des Patriotes résistants congolais (Pareco), et sont inculpés d’incitation et participation à un mouvement insurrectionnel, de désertion en bande armée ou encore de démoralisation des troupes.

Les mutins ex-rebelles des Kivu, dont la plupart auraient plus tard rejoint leurs unités ou se seraient rendus, sont proches du général Bosco Ntaganda, l’ex-chef d’état-major du CNDP recherché par la Cour pénale internationale (CPI) pour enrôlement d’enfants soldats.

Il est également recherché par Kinshasa pour sa « responsabilité » dans les combats qui ont commencé le 29 avril au Nord-Kivu.

Selon l’armée le général Ntaganda et son « petit groupe » sont traqués « dans le parc des Virunga » où un garde forestier et deux soldats ont récemment été tués dans une embuscade tendue par des miliciens non identifiés.

« Les défections continuent »

A Goma, capitale du Nord-Kivu, « il y a eu des perquisitions chez les ex-officiers FARDC qui ont rallié le M23. On continue à trouver des armes dans certaines habitations de quelques officiers », a déclaré à l’AFP le député Jason Luneno, élu dans cette ville.

Samedi dernier, l’armée avait cessé ses opérations et laissé cinq jours aux mutins pour regagner leurs unités, mais les heurts ont continué -principalement dans le territoire de Rutshuru, frontalier du Rwanda et de l’Ouganda- entre les FARDC et les hommes se réclamant du M23 ou du général Ntaganda.

« Lorsque les militaires avaient le dessus sur les ex-CNDP, les militaires CNDP étaient en débandade. Arrêter les opérations a créé une frustration du côté des FARDC. Ils ont exprimé leur sentiment de déception, et d’autres ont dit qu’ils ne sont plus motivés pour se battre », a souligné M. Luneno.

Il note par ailleurs que si des mutins se sont rendus, les défections continuent et « ce n’est pas à l’avantage de la population », déplacée par dizaines de milliers dans la province ainsi qu’au Rwanda et Ouganda voisins.

Près de 7.500 personnes se sont réfugiées au Rwanda, selon les autorités du pays, et « environ 3.000 Congolais » ont trouvé refuge provisoirement en Ouganda, selon l’ONU.

Signature : ALBERT KAMBALE GOMA (AFP)

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