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Breivik poussait des « cris de combat » sur Utoeya, selon une rescapée

Anders Behring Breivik, lors de son procès le 16 mai 2012 à Oslo (© 2009 AFP)

Anders Behring Breivik, jugé pour la mort de 77 personnes l’été dernier en Norvège, poussait des « cris de combat » en perpétrant la tuerie d’Utoeya, a témoigné mercredi une jeune rescapée qui a dû son salut aux corps qui la recouvraient.

La santé mentale de Breivik étant la question centrale de son procès puisqu’elle déterminera son sort –l’asile ou la prison–, les témoignages des survivants sont cruciaux pour se faire une idée de son comportement pendant la tuerie.

Déclaré psychotique par une première évaluation officielle par la suite infirmée par une contre-expertise, l’extrémiste de droite de 33 ans tient à être déclaré pénalement responsable de crainte de voir son idéologie invalidée par un diagnostic.

Au 20e jour du procès, Ingvild Leren Stensrud a expliqué qu’atteinte d’une balle à la cuisse et à l’épaule alors qu’elle se trouvait dans la cafétéria d’Utoeya, elle avait fait la morte, protégée par les corps de ses camarades abattus par le tueur.

Quand les tirs se sont éloignés, la jeune fille dit avoir entendu « ce qui ressemblait à des cris de combat », sans pouvoir discerner ce qui était dit.

Puis elle a décrit les nombreuses sonneries des téléphones portables restées sans réponse sur les lieux du massacre.

Immobilisée sous un corps, elle a elle-même contacté sa famille avec le portable d’une victime mais elle a confié ne pas avoir eu le coeur de répondre quand le même téléphone a sonné avec « maman » affiché sur l’écran.

Le 22 juillet 2011, accusant ces institutions de faire le lit de l’islam et du multiculturalisme, Breivik avait fait exploser une bombe près du siège du gouvernement à Oslo puis il avait ouvert le feu contre un camp d’été de la Jeunesse travailliste sur Utoeya.

S’il reconnaît être l’auteur des deux attaques qui ont fait au total 77 victimes, Breivik a décidé de plaider non-coupable, jugeant son acte « cruel mais nécessaire ».

Un autre rescapé de la cafétéria a affirmé mercredi avoir décelé « un mélange de colère et de joie » sur le visage de Breivik quand il est entré dans la bâtisse où 13 jeunes perdront la vie.

« Il avait le front plissé de colère mais un sourire à la bouche », a expliqué Glenn Martin Waldenstroem.

Atteint d’une balle à la gorge, le jeune homme a décrit comment, voyant tous les morts autour de lui, il avait tout fait pour survivre.

Une fois les secours arrivés, « quelqu’un m’a demandé le numéro de téléphone de ma famille mais je ne suis pas arrivé à le dire. J’ai craché du sang dans ma main et je l’ai écrit au sol avec mon sang », a-t-il expliqué.

Depuis le début du procès de Breivik le 16 avril, les témoignages divergent quelque peu, certains décrivant un Breivik calme et maître de lui-même pendant la tuerie tandis que d’autres assurent l’avoir vu crier, sourire ou jubiler, ce que l’intéressé nie.

S’il est reconnu pénalement irresponsable dans le verdict attendu en juillet, l’extrémiste risque l’internement psychiatrique à vie. Déclaré responsable, il encourt 21 ans de prison, une peine qui pourrait être prolongée aussi longtemps qu’il sera jugé dangereux.

Signature : OSLO (AFP)

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