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Médias en Tunisie: une instance dénonce dérives et règlements de compte

Kamel Labidi, président de la réforme sur  l'information et la communication en Tunisie, le 30 avril 2012 à Tunis (© 2009 AFP)

L’Instance indépendante chargée de réformer l’information et la communication en Tunisie (Inric) dénonce « les dérives » dans le secteur des médias depuis la chute de l’ancien président Ali en 2011, regrettant notamment la multiplication des « règlements de comptes personnels et politiques ».

Depuis la fuite de l’ex-homme fort de Carthage en Arabie saoudite, chaînes de télévision, radios et journaux qui ont émergé « se livrent souvent à des règlements de compte personnels et politiques et propagent des rumeurs et informations non fondées », a déclaré M. Kamel Labidi, président de l’Inric.

Le paysage médiatique « a connu des dérives après la chute de Ben Ali en raison notamment de l’absence d’institutions de contrôle et de régulation », a déclaré M. Labidi, journaliste défenseur des libertés, lors de la présentation du rapport de l’Inric.

« Ce rapport pose un diagnostic et propose des moyens pour corriger les dégâts considérables et remédier à la destruction systématique des médias », a ajouté le président de l’Inric.

Sa commission mise en place par le premier gouvernement post-révolution a aussi déploré un « manque de professionnalisme et des manquements à l’éthique » en l’absence de législation appliquant les normes internationales pour une presse libre.

Parlant d’entraves au travail de l’Inric, il a mentionné notamment l’imposssibilité d’accés aux documents relatifs à la gestion d’institutions pro-Ben Ali comme l’Agence tunisienne de communication extérieure (Atce) qui contrôlait et orientait le travail de la presse locale et internationale.

Selon son président, l’instance a été confrontée aussi à l’ingérence de membres de gouvernements et à « des pratiques contraires au fonctionnement démocratique ».

M. Labidi, qui a fait l’objet d’attaques publiques par un ministre conseiller du chef du gouvernement, était monté au créneau lorsque le Premier ministre islamiste Hamadi Jebali a désigné en janvier des responsables à la tête des médias publics, voire des rédacteurs en chef.

Peu avant la publication du rapport de l’Inric, le gouvernement a lancé tambour battant une « consultation nationale sur les médias » boycottée par cette instance, par les syndicats, Reporters sans frontières (RSF), et par les professionnels révoltés par la présence de propagandistes à la solde de Ben Ali.

M. Labidi s’est fait l’écho de « promesses » de M. Jebali écartant toute ingérence dans la presse. « Nous prenons acte et restons vigilants », a-t-il dit.

« Il y a et il y aura une résistance à toute tentative de mettre au pas les médias. Les Tunisiens se sont débarrassés d’un régime dictatorial pour jeter les bases d’un Etat démocratique » a-t-il déclaré à l’AFP.

Le rapport remis au président de la République comporte en annexe un état détaillé de la presse avant et après Ben Ali. Il listes les auteurs d’ouvrages de propagande et établi une liste de journalistes locaux et étrangers victimes de manoeuvres de l’ancien régime de Ben Ali.

Principale recommandation de l’instance: « inscrire dans la Constitution en cours de rédaction, la liberté d’expression, de presse, d’information et d’échanges sur internet ».

En outre, l’Inric réclame la suppression des « peines privatives de liberté » pour les journalistes dans le code de la presse.

Signature : TUNIS (AFP)

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