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Afrique du sud: la direction de la mine de Marikana cherche l’apaisement après la fusillade

Des mineurs grévistes sont rassemblés devant la mine de Marikana, le 20 août 2012, en Afrique du Sud (© 2009 AFP)

La direction de la mine sud-africaine de Marikana, théâtre d’une sanglante fusillade policière contre des grévistes le 16 août, cherchait l’apaisement lundi, repoussant l’ultimatum lancé aux grévistes pour reprendre le travail, sans toutefois évoquer la question des salaires.

Selon la direction, seuls 27% des employés avaient regagné leur poste lundi, malgré les menaces de licenciements proférées par l’exploitant, Lonmin. L’ultimatum a été repoussé à 7h00 mardi matin (05h00 GMT).

Affirmant que l’activité de la mine de platine, située près de Rustenburg (nord), avait repris, Lonmin a pour la première fois discuté avec les syndicats, quatre jours après la fusillade qui a fait 34 morts.

« Après des consultations avec plusieurs représentants syndicaux aujourd’hui (lundi), l’entreprise peut annoncer que les mineurs en grève illégale qui n’ont pas repris le travail ce matin ne seront pas licenciés, et qu’il leur a été accordé un jour de plus, à la lumière des circonstances actuelles », a déclaré l’entreprise dans un communiqué.

Plus tard, le vice-président de Lonmin chargé des opérations minières Mark Munroe est resté cependant ferme sur les termes de l’ultimatum: « Nous comptons qu’à 7h00 demain matin les ouvriers reprennent le travail, ensuite, Lonmin a le droit de les licencier », a-t-il dit au cours d’une conférence de presse.

L’entreprise n’a a aucun moment évoqué les revendications salariales à l’origine de la grève sauvage qui a dégénéré en violences.

Le petit syndicat AMCU, à l’origine du mouvement pour réclamer un triplement des salaires des mineurs (1.250 euros contre 400 euros actuellement), n’a pas été convié aux négociations.

Dans la matinée, environ un millier d’hommes s’étaient regroupés sur le terrain vague qui avait accueilli de grands rassemblements ces derniers jours, refusant toujours de reprendre le travail.

« Ils peuvent nous virer s’ils veulent, nous ne retournons pas au travail. (Le président Jacob) Zuma doit fermer cette mine », a dit l’un des mineurs présents, s’adressant à ses collègues.

L’ambiance au cours de ce meeting n’avait pourtant plus rien à voir avec celle des jours précédents. La colère était retombée, les hommes ne portaient plus d’armes blanches et le ton était moins virulent.

L’hélicoptère de la police, qui survole le site depuis quatre jours, se tenait cette fois à distance.

Les grévistes qui avaient déclenché un mouvement sauvage le 10 août étaient environ 3.000 au total. Il était impossible lundi de savoir combien parmi eux avaient repris le travail.

Dimanche, ceux que l’AFP avait interrogés avait clairement indiqué qu’ils n’entendaient pas se conformer à l’ultimatum aussi longtemps que la direction n’auraient pas entendu leurs revendications salariales.

Une semaine de deuil national a été décrétée à compter de ce lundi, après ces événements qui constituent le pire massacre policier depuis la fin de l’apartheid. Un débat extraordinaire aura lieu mardi à l’Assemblée nationale au Cap.

Au total, 44 personnes sont mortes à Marikana: dix hommes, dont deux policiers, tués entre le 10 et le 12 août dans des affrontements intersyndicaux. Plus les morts dans la fusillade de jeudi, qui a également fait 78 blessés.

A près de deux heures de voiture de la mine, près de Pretoria, les 259 hommes arrêtés pendant les violences ont comparu brièvement lundi devant la justice, notamment pour meurtre, avant un renvoi du dossier à lundi prochain.

Le juge leur a lu devant une salle comble les faits reprochés, allant de la violence publique au meurtre ou à la tentative de meurtre.

Epouses, soeurs, filles, au total une centaine de personnes venues les soutenir, ont hué la police et se sont mises à pleurer, gémir et à prier avant d’être évacuées vers une rue adjacente où elles ont continué à manifester en chantant et en dansant.

A Marikana, quelques familles cherchaient encore leurs proches, sans savoir s’ils étaient morts, blessés ou arrêtés. Six corps n’avaient pas encore identifiés.

Signature : Sibongile KHUMALO MARIKANA (Afrique du Sud) (AFP)

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