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Mali: regain de tension à Bamako où « persiste » la tentative de déstabilisation

Des barricades sont installées dans Bamako, le 1er mai 2012 (© 2009 AFP)

Le Premier ministre malien de transition, Cheick Modibo Diarra, a évoqué mercredi la « persistance » de la « tentative de déstabiliser le pays » où la situation reste tendue après des combats à Bamako entre ex-putschistes et forces loyales au régime déchu.

« Nous avons assisté à une tentative de déstabilisation du pays ces dernières 48 heures, qui se sont soldées par une victoire, temporaire, pas complète encore, de notre armée et de nos forces de sécurité », constituées en partie par d’ex-putschistes, a dit M. Diarra à la radio-télévision nationale (ORTM).

« Il y a encore quelques éléments (fidèles au président déchu Amadou Toumani Touré, ATT) dans la nature, qui justifie la présence massive de nos forces armées et de sécurité » dans Bamako », a-t-il ajouté.

« J’aurais préféré attendre que toutes ces opérations soient terminées (…) mais comme nous voyons qu’il y a cette persistance, cette persévérance dans la tentative de déstabiliser le pays, je viens donc vous faire ce communiqué », a-t-il expliqué.

« Restez calmes, il n’y a pas lieu de se paniquer », a-t-il lancé à la population.

L’ORTM, l’aéroport de Bamako et le camp de Kati, base des ex-putschistes à 15 km de la capitale, ont été lundi et mardi la cible d’attaques de parachutistes fidèles à ATT, repoussées par les partisans du capitaine Amadou Haya Sanogo, chef de l’ex-junte qui avait pris le pouvoir le 22 mars avant de le rendre aux civils.

Après ces violences, qui ont fait au moins 22 morts et des dizaines de blessés -des militaires des deux camps et quelques civils-, le capitaine Sanogo avait assuré que la situation était « sous contrôle ».

Mais mercredi, l’ex-junte a fait évacuer l’ORTM, sans donner de raisons aux employés, provoquant la panique dans le quartier où des banques ont fermé. Une partie de la cité administrative, siège de ministères, a été évacuée spontanément par ses occupants.

Dans la ville-garnison de Kati, quasiment tous les accès étaient tenus par des ex-putschistes très nerveux, a constaté un correspondant de l’AFP.

Le capitaine Sanogo a désigné les auteurs des attaques comme des « mercenaires » associés aux éléments du 33e Régiment de commandos-parachutistes (RCP) basés au camp de Djikoroni, dans le centre de Bamako, dont les ex-putschistes ont repris le contrôle.

- Arrestations –

Une source proche de l’ex-junte a fait état de 29 arrestations en marge des combats, des civils, des militaires, mais également des « étrangers ». La télévision malienne a montré des assaillants présumés dont l’un s’est dit « Burkinabè ».

A Dakar, le chef de l’ONU en Afrique de l’Ouest, Said Djinnit, s’est dit « préoccupé » par ces troubles qui ne peuvent que « compliquer une transition déjà difficile », jugeant « impératif que les militaires, quel que soit leur (corps), se mettent à la disposition des autorités de transition ».

La médiation Bukinabè dans la crise malienne a évoqué de son côté un « incident malheureux » qui « ne remet pas en cause les institutions » en place à Bamako, selon le ministre des Affaires étrangères burkinabè Djibrill Bassolé.

Il s’exprimait mercredi au palais présidentiel à Ouagadougou après une rencontre entre une délégation de l’ex-junte malienne et le président burkinabè Blaise Compaoré, médiateur de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao).

Le capitaine Sanogo avait assuré que les troubles ne remettaient pas en cause l’accord-cadre sur le retour du pouvoir aux civils conclu le 6 avril avec la médiation.

Il avait rejeté récemment les décisions prises à Abidjan lors d’un sommet de chefs d’Etat de la Cédéao, dont l’envoi de soldats dans son pays pour sécuriser la transition après le putsch.

Le chef de l’ex-junte a rejeté aussi la décision de la Cédéao de fixer la période de transition à douze mois, jusqu’à la tenue d’élections présidentielle et législatives.

Les chefs d’Etat de la Cédéo doivent se réunir jeudi à Dakar lors d’un deuxième sommet extraordinaire consacré aux crises au Mali et en Guinée-Bissau.

Le coup d’Etat du 22 mars au Mali a profité à divers groupes armés (islamistes, rebelles Touareg, criminels) qui ont pris le contrôle du nord du pays.

L’un d’eux, le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) a réclamé mercredi le paiement d’une rançon d’un total de 45 millions d’euros et la libération de prisonniers en Algérie et en Mauritanie en échange de la libération de 9 otages, sept Algériens, une Italienne et une Espagnole.

Signature : BAMAKO (AFP)

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