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Les élections générales en Angola fixées au 31 août

Un assesseur montre un bulletin de vote pour les élections générales, le 6 septembre 2008 à Luanda, en Angola (© 2009 AFP)

Des élections générales pour désigner les parlementaires et le chef de l’Etat seront organisées en Angola le 31 août, dans ce qui sera seulement le troisième scrutin national depuis l’indépendance de 1975.

La date a été annoncée mercredi par le Conseil de la République, et l’actuel chef de l’Etat, José Eduardo Dos Santos, au pouvoir depuis 33 ans, devrait officiellement convoquer les élections dans les prochains jours.

La préparation du scrutin suscite depuis des mois des tensions entre l’opposition et le parti au pouvoir, le Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA), dirigé par le président de la République, qui pilote le vaste chantier de reconstruction du pays grâce aux revenus du pétrole.

Alors que les choses semblaient s’apaiser avec le vote avant Noël d’une loi électorale jugée suffisamment démocratique par l’opposition, conduite par l’Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola (Unita), la polémique est repartie en début d’année après la nomination d’une proche du pouvoir à la tête de la commission nationale électorale (CNE), Suzana Inglês.

La justice a finalement annulé cette nomination, mais l’opposition continue de dénoncer la persistance d’irrégularité dans l’organisation du scrutin.

En parallèle et depuis un an, des manifestations de jeunes demandant le départ du président de la République se multiplient dans le pays, provoquant régulièrement des violences avec des forces de sécurité.

Ce mouvement, soutenu par des chanteurs et rappeurs en vogue, est une nouveauté dans un pays marqué par 27 ans de guerre civile et qui ne vit en paix que depuis dix ans.

Au sortir de la guerre d’indépendance contre le colon portugais en 1975, l’Angola a en effet basculé dans une guerre civile opposant les mouvements de libération nationale entre eux, MPLA d’un côté, Unita et Front national de libération de l’Angola (FNLA) de l’autre.

Après des combats meurtriers et sous la pression de la communauté internationale, les deux camps signent un accord de paix en 1991 qui prévoit l’organisation d’un scrutin l’année suivante.

Ce dernier se solde par la victoire, en septembre 1992, du MPLA et de José Eduardo Dos Santos, un résultat contesté par le leader de l’Unita, Jonas Savimbi qui reprend les armes jusqu’à ce que son décès en 2002 mette fin à la guerre civile.

En raison du conflit, les élections législatives suivantes ne se sont déroulées qu’en 2008, le MPLA enregistrant une large victoire avec 81% des suffrages contre seulement 10% pour l’Unita.

Le scrutin, qui s’était déroulé sous les yeux d’observateurs étrangers, avait été validé par la communauté internationale.

En 2010, le gouvernement a fait adopter une nouvelle Constitution qui prévoit l’organisation d’élections générales regroupant le scrutin législatif et présidentiel, supprimant de fait l’élection au suffrage direct du chef de l’Etat.

Le texte prévoit ainsi que le chef du parti vainqueur des élections législatives devient le président de la République.

Quelque 9,7 millions d’Angolais, sur une population estimée à 18 millions, seront appelés aux urnes à la fin de l’été.

Fort de son implantation locale, le MPLA compte mettre en avant les efforts de reconstruction déployés pour faire réélire son chef, le plus ancien dirigeant d’un pays africain après le président de la Guinée-Equatoriale, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo.

Un possible successeur est déjà apparu avec Manuel Vicente, anciennement à la tête de la compagnie pétrolière nationale Sonangol et aujourd’hui ministre d’Etat en charge de la coopération économique.

Surfant sur l’actuel vent de contestation, l’Unita entend incarner le changement, mettre en place une vraie démocratie et répondre aux besoins économiques et sociaux d’une population qui vit pour la grande majorité dans une grande pauvreté.

Pour son président, Isaías Samakuva, le prochain scrutin serait aussi l’occasion de faire oublier la sévère déroute de 2008 et de rassembler une opposition aujourd’hui divisée en de multiples partis et courants.

Signature : Estelle MAUSSION LUANDA (AFP)

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