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Le Soudan accuse le Soudan du Sud d’étendre son « agression »

Le porte-parole de l'armée soudanaise, Sawarmi Khaled Saad, répond aux jouranslites à Khartoum, le 29 avril 2012 (© 2009 AFP)

Le Soudan a accusé mardi le Soudan du Sud d’avoir intensifié son « agression » en occupant de nouvelles zones le long de la frontière contestée, six semaines après le début des combats entre les deux pays voisins.

Près de dix mois après l’accession à l’indépendance du Soudan du Sud le 9 juillet 2011, la frontière entre les deux voisins n’a toujours pas été démarquée.

Cette question est, avec le partage des ressources pétrolières et des accusations réciproques de soutien à des groupes rebelles, au coeur des tensions qui empoisonnent les relations bilatérales depuis la sécession et menacent aujourd’hui de dégénérer en nouvelle guerre ouverte.

« Le gouvernement du Soudan confirme que le Soudan du Sud et son armée s’évertuent à étendre leur agression et occuper par la force des zones disputées », a indiqué le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué à Khartoum.

Les troupes sud-soudanaises ont occupé lundi une zone contestée sur la frontière entre l’Etat du Darfour, au Soudan, et celui du Bahr el-Ghazal occidental, au Soudan du Sud, après avoir pris un jour plutôt un autre secteur disputé sur la frontière avec le Darfour, a-t-il précisé.

« Le Soudan ne peut tolérer que les troupes d’occupation imposent leur pouvoir », a averti le ministère.

Il a réitéré également ses accusations selon lesquelles les troupes sud-soudanaises mènent des « opérations militaires » dans les Etats du Kordofan-Sud et du Nil-Bleu, situés tous les deux au Soudan.

« Il s’agit d’un plan pour poursuivre la guerre et perturber la paix, la sécurité et la stabilité le long de la frontière », a accusé le ministère.

Plus tôt mardi, l’armée sud-soudanaise avait fait état d’affrontements entre soldats sud-soudanais et forces soudanaises, soutenues par des milices à Hofra, une zone pétrolifère de l’Etat sud-soudanais d’Unité. L’armée sud-soudanaise a « repoussé les assaillants ».

Les Sud-Soudanais avaient accusé lundi l’armée de Khartoum d’avoir mené de nouveaux bombardements sur quatre points de la zone frontalière, des informations démenties par le porte-parole de l’armée soudanaise.

Il n’était pas possible de vérifier, de manière indépendante, ces affirmations sur le terrain.

Les forces soudanaises et sud-soudanaises s’affrontent depuis le 26 mars dans la zone contestée qui sépare les Etats du Kordofan-Sud et d’Unité et abrite un important champ pétrolier (Heglig).

Le ton avait monté d’un cran le 10 avril, lorsque l’armée sud-soudanaise s’était emparée de la zone de Heglig. Elle avait annoncé s’en être retirée le 23 avril, Khartoum affirmant de son côté l’en avoir chassée.

A New York, des diplomates ont affirmé que le Conseil de sécurité pourrait adopter mercredi une résolution exigeant des deux pays qu’ils cessent immédiatement leurs hostilités et résolvent leurs différends dans un délai de trois mois, sous peine de sanctions.

La communauté internationale multiplie les pressions pour éviter que les combats ne dégénèrent en un nouveau conflit après les décennies de guerre civile (1983-2005) entre sudistes et nordistes de l’Etat alors unifié du Soudan, qui ont fait quelque deux millions de morts.

Pour tenter de mettre fin aux combats, l’Union africaine a adopté le 24 avril une « feuille de route » prévoyant la cessation immédiate des hostilités et la reprise des négociations, un plan accepté par les deux parties.

L’ONU s’est en outre inquiétée des déclarations du gouverneur de l’Etat du Nil Blanc, au Soudan, selon lesquelles des milliers de Sud-Soudanais constituaient un risque pour la sécurité et devaient par conséquent quitter d’ici samedi la région, où ils campent en attendant de pouvoir rentrer chez eux.

Selon le coordinateur de l’ONU pour les affaires humanitaires Ali Al-Zatari, ces personnes, qui « manquent de nombreux services de base », ont besoin d’une « collaboration rapide (entre les deux Soudans) pour alléger leurs épreuves ».

Signature : KHARTOUM (AFP)

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