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Arménie: le parti au pouvoir remporte les législatives, critiques de l’OSCE

Le leader de l'opposition arménienne, Levon Ter-Petrossian, accompagné de son fils,vote le 6 mai 2012 à Erevan (© 2009 AFP)

Le parti du président Serge Sarkissian a remporté les élections législatives de dimanche en Arménie, selon des résultats publiés lundi, lors d’un scrutin aux allures de test mais qui a été miné par des manquements à la démocratie, a estimé l’OSCE.

Le Parti républicain de M. Sarkissian arrive en tête avec 44,05% des voix, suivi par son allié dans la coalition gouvernementale, le mouvement Arménie Prospère, dirigé par un millionnaire et ex-champion de bras de fer, Gaguik Tsaroukian, qui recueille 30,20% des suffrages, après dépouillement de tous les bureaux de vote.

En troisième position, le mouvement d’opposition Congrès national arménien, dirigé par un ancien président, Levon Ter-Petrossian, fer de lance de la contestation après l’élection présidentielle controversée de 2008, obtient 7,10% des voix, selon ces résultats publiés sur le site de la Commission électorale centrale.

Trois autres partis, Héritage, la Fédération révolutionnaire arménienne et Etat de droit, ont réussi à dépasser le seuil des 5% et doivent obtenir des sièges à l’Assemblée.

L’Organisation pour la coopération et la sécurité en Europe (OSCE) a estimé dans un rapport lundi que les élections avaient été minées par des manquements à la démocratie et que les « engagements internationaux pris par l’Arménie n’avaient pas été respectés ».

Le scrutin de dimanche était considéré comme un test pour cette ex-république soviétique du Caucase, dont c’est la première élection au niveau national depuis la présidentielle de 2008.

A l’époque, la victoire de M. Sarkissian avait déclenché des manifestations de l’opposition qui ont dégénéré en affrontements après l’intervention de la police, faisant 10 morts.

« L’Arménie mérite d’être saluée pour ses réformes électorales et la campagne qui s’est déroulée dans une ambiance pacifique et transparente, mais plusieurs acteurs du processus ont souvent échoué à respecter la loi et les commissions électorales ont échoué à la faire respecter », ont déclaré les observateurs de l’OSCE dans un communiqué.

L’OSCE a par ailleurs déploré la pression exercée sur les électeurs qui a créé « des inégalités » dans la campagne.

Une alliance d’observateurs composée notamment d’Arménie Prospère et du mouvement Congrès national arménien a de son côté exprimé « des doutes sur la légitimité du processus électoral ».

Le Congrès national a appelé à une manifestation à Erevan mardi soir.

Des analystes locaux ont par ailleurs estimé que ce scrutin pourrait permettre au parti du président de renforcer son ascendant sur la vie politique arménienne.

Si le Parti républicain « était obligé de bien se comporter avec les autres dans la situation explosive suivant l’élection de 2008 en Arménie, il détient désormais la cour de récréation, les jouets et les clés des portes », selon un éditorial sur le site d’informations en ligne ArmeniaNow.

Les autorités de ce pays de 3,3 millions d’habitants avaient promis des élections transparentes et démocratiques pour l’attribution des 131 sièges de l’Assemblée nationale et éviter de nouveaux débordements.

La campagne électorale a été dominée par les problèmes économiques de ce pays confronté à un important chômage, à la corruption, et qui pâtit de la fermeture de ses frontières avec l’Azerbaïdjan et la Turquie en raison d’un conflit territorial.

L’Azerbaïdjan et l’Arménie se disputent depuis la chute de l’URSS le contrôle du Nagorny-Karabakh, une région sécessionniste azerbaïdjanaise peuplée majoritairement d’Arméniens.

Par ailleurs, la Turquie, alliée de Bakou, et l’Arménie sont divisées sur la question du génocide arménien sous l’empire ottoman (1915-1917).

Signature : Mariam HAROUTOUNIAN EREVAN (AFP)

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