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Israël interdit son sol à des pro-palestiniens en route pour la Cisjordanie

Des policiers israéliens déployés dans l'aéroport Ben Gourion de Tel Aviv le 15 avril 2012 pour bloquer l'arrivée de militants participant à l'opération

Israël interdisait dimanche l’entrée sur son sol à des centaines de militants de l’opération « Bienvenue en Palestine » dénonçant son contrôle de l’accès aux Territoires palestiniens occupés, soit à leur arrivée, soit dans les aéroports de départ.

Sur quelque 1.500 participants espérés, dont 500 à 600 Français, seuls quelques dizaines sont parvenus jusqu’à l’aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv, la grande majorité ayant été bloquée à l’embarquement.

Au total, 43 passagers, dont une majorité de Français, étaient en instance d’expulsion, a annoncé à l’AFP le porte-parole de la police israélienne, Micky Rosenfeld, précisant que 31, qui avaient refusé d’être refoulés, avaient été placés en détention.

« Douze ont été renvoyés dans les pays d’où ils venaient et les autres ont été transférés dans une prison à Ramle », près de Tel-Aviv, a-t-il ajouté, faisant état par ailleurs de neuf Israéliens interpellés pour « troubles à l’ordre public ».

Selon un communiqué de son Bureau, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a appelé en soirée son ministre de la Sécurité intérieure Yitzhak Aharanovicth pour le remercier de « la détermination des officiers et commandants de la police » contre une action qui menaçait l’aéroport international Ben Gourion de Tel-Aviv.

Une des organisatrices françaises de cette action, Olivia Zemor, a indiqué dans un communiqué que 27 des 31 détenus venaient de la région de Lyon (centre de la France) et étaient arrivés de Genève.

Le comité d’accueil palestinien à Bethléem, dans le sud de la Cisjordanie, a annoncé que trois militants étaient néanmoins parvenus à passer.

Les organisateurs palestiniens ont dénoncé dans un communiqué une « nouvelle procédure illégale » des autorités israéliennes qui demandent aux passagers de signer « une déclaration par laquelle ils s’engagent à ne pas avoir de contact et à ne pas coopérer avec des +membres d’organisations pro-palestiniennes+ ».

Le ministère israélien de l’Intérieur a indiqué vérifier ces informations.

L’opération « Bienvenue en Palestine », organisée du 15 au 22 avril, pour la troisième année consécutive, dénonce l’occupation israélienne, en particulier le contrôle par Israël de tous les accès à la Cisjordanie.

Des centaines de policiers israéliens ont été déployés à l’aéroport, la radio évaluant leur nombre à 650, la plupart en civil.

« Quelques militants ont tenté de venir et de créer une provocation, plusieurs dizaines ont été arrêtés », a déclaré le ministre israélien de la Sécurité intérieure Yitzhak Aharonovitch, estimant avoir « réussi à empêcher une provocation ».

« Les méthodes mafieuses employées par le trio Israël/compagnies/polices complices ont certes réussi à empêcher de voler des centaines de participants un peu partout sur le continent », a déploré Olivia Zemor.

Mais « l’initiative a déjà rencontré un écho au niveau mondial, y compris dans les médias israéliens où les mensonges de la propagande officielle sur le caractère +provocateur+ de gens n’ayant d’autre tort que de vouloir se rendre en Palestine occupée étaient largement remis en question », a-t-elle assuré.

En amont, les compagnies française Air France, britanniques easyJet et Jet2.com et allemande Lufthansa ont annulé les billets de voyageurs dont les noms figuraient sur une liste de « personnes indésirables » communiquée par Israël.

A l’aéroport parisien de Roissy, où quelque 90 militants ont été empêchés d’embarquer, des dizaines de personnes ont manifesté en scandant « Aujourd’hui, le checkpoint est à Paris! ».

A Bruxelles, au moins 120 militants pro-palestiniens ont protesté après le refus de plusieurs compagnies, en particulier Brussels Airlines, d’embarquer une centaine d’entre eux pour Tel Aviv.

A Genève, une vingtaine de militants ont embarqué pour Tel Aviv, mais une quarantaine d’autres, bloqués par la police, en ont été réduits à protester.

A Istanbul, Turkish Airlines a bloqué une cinquantaine de militants.

A Rome, Alitalia a refusé l’embarquement à sept militants italiens, et à Vienne, Austrian Airlines a fait de même pour cinq passagers.

En juillet 2011, Israël avait obtenu que des centaines de militants soient empêchés d’embarquer, et en avait bloqué puis expulsé près de 70 autres à leur arrivée.

Signature : AEROPORT BEN GOURION (AFP)

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