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Wikileaks: la justice britannique prête à extrader Assange, ses avocats arrachent un sursis

Julian Assange le 5 décembre 2011 à Londres (© 2009 AFP)

La saga britannique de Julian Assange, qui semblait toucher à sa fin avec le feu vert mercredi de la Cour suprême à son extradition en Suède, a été relancée de manière inattendue par le sursis de 14 jours obtenu par ses avocats en vue d’une éventuelle réouverture du dossier.

Après 18 mois de bataille judiciaire, la plus haute juridiction du Royaume-Uni a rejeté en début de matinée l’ultime appel du fondateur du site WikiLeaks contre son expulsion vers la Suède, par cinq voix sur sept.

« La requête en faveur de l’extradition de M. Assange a été faite dans les règles et son appel contre son extradition est donc débouté », a déclaré le président de la Cour suprême, lors d’une audience d’à peine une dizaine de minutes sans l’Australien, bloqué dans les embouteillages aux dires d’un de ses partisans.

La défense d’Assange avait contesté la régularité de la demande de Stockholm car le mandat d’arrêt a été émis par un procureur agissant au nom de l’Etat suédois, ce qui n’offre, à ses yeux, aucune garantie d’ »indépendance et d’impartialité ».

Le trublion de l’information, à la célèbre chevelure blonde, est réclamé par la Suède dans une affaire de viol et d’agressions sexuelles. Il a toujours clamé son innocence, assurant avoir eu des relations librement consenties avec ses deux accusatrices, et dénoncé un complot pour le faire taire. WikiLeaks était devenu la hantise des chancelleries en 2010, en divulguant des milliers d’informations diplomatiques confidentielles.

La décision de la Cour suprême ouvrait théoriquement la voie à une extradition sous dix jours d’Assange, sauf si ce dernier se tournait vers la Cour européenne des droits de l’Homme à Strasbourg, un recours susceptible dans certains cas de stopper la procédure.

Mais à la surprise générale, les avocats de l’Australien ont obtenu de la plus haute juridiction britannique un délai de 14 jours afin de présenter une éventuelle demande de réouverture du dossier.

« La plupart des juges ont fondé leur décision sur la Convention de Vienne (sur le droit des traités internationaux, ndlr), un point qui n’a jamais été abordé par aucune des parties à l’audience », a argué Gareth Peirce, un de ses défenseurs, à la sortie du tribunal.

« Ils nous ont donné deux semaines pour présenter nos arguments par écrit », et « s’ils considèrent que cette demande est fondée, ils peuvent rouvrir le dossier, mais ils peuvent aussi refuser », a-t-elle souligné.

L’affaire, déjà fort complexe, ne s’arrêterait pas là pour autant: si cette nouvelle demande était repoussée, Julian Assange aurait encore sept jours pour se pourvoir devant la Cour européenne des droits de l’Homme.

Et les juges de Strasbourg auraient à leur tour 14 jours pour se prononcer sur la recevabilité de sa demande. En cas d’acceptation de leur part, l’Australien devrait aussi les convaincre de suspendre son extradition.

Le sulfureux patron de WikiLeaks, qui vit en résidence surveillée depuis la fin 2010 au Royaume-Uni, n’a donc pas fini d’alimenter la chronique judiciaire.

Signature : Nathalie Auriol et Danny Kemp LONDRES (AFP)

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