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EXCLUSIF AFP Sahel: un mouvement islamiste exige 45 millions d’euros pour libérer 9 otages

Une femme Sahrawi marche dans le désert, en mars 2011, à Tindouf, une région de l'Ouest de l'Algérie fief des indépendantistes du Polisario (© 2009 AFP)

Un mouvement islamiste auteur dans le Sahel de l’enlèvement de dix otages – sept Algériens, deux Espagnols et une Italienne – a réclamé mercredi une rançon totale de 45 millions d’euros pour en libérer neuf, ainsi que la libération de prisonniers détenus en Algérie et en Mauritanie.

Ces exigences ont été formulées par Adnan Abu Walid Sahraoui, porte-parole du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), dans une réponse écrite en français à des questions de l’AFP.

Le Mujao, récemment apparu et présenté comme une dissidence d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) qui a ses bases dans le nord du Mali, a affirmé être l’auteur le 23 octobre 2011 de l’enlèvement à Tindouf (Ouest de l’Algérie) de trois humanitaires – deux Espagnols, dont une femme, et une Italienne – et le 5 avril du consul d’Algérie à Gao (Nord-Mali) et de six de ses collaborateurs.

Concernant les otages occidentaux, « les négociations portent seulement sur l’otage italienne et l’otage espagnole », selon le porte-parole. Il a précisé que le Mujao a réclamé « une rançon de 30 millions d’euros » et demandé à l’Espagne « d’intervenir pour la libération de deux Sahraouis arrêtés par la Mauritanie ».

Ces deux hommes sont accusés d’avoir participé aux enlèvements de Tindouf, attribués dans un premier temps à Aqmi par des indépendantistes sahraouis du Front Polisario, soutenus par Alger, mais ensuite revendiqués par le Mujoa, jusque-là inconnu, qui prône le jihad (guerre sainte) en Afrique de l’Ouest.

Le 12 décembre 2011, une vidéo montrant des hommes armés encadrant les trois otages européens enlevés dans la région de Tindouf, fief du Polisario, avait été rendue publique par le Mujao.

A Madrid, le ministère espagnol des Affaires étrangères a indiqué qu’il ne souhaitait donner « aucune information » sur ces exigences, souhaitant gérer la prise d’otages « discrètement ».

A Rome, le ministère italien des Affaires étrangères a indiqué qu’il « ferait pas de commentaire sur cette information ».

Concernant les otages algériens, le porte-parole du Mujao a déclaré dans sa même réponse écrite à l’AFP que les revendications « sont la libération de nos frères prisonniers en Algérie, plus une rançon de 15 millions d’euros ».

Il a menacé l’Algérie d’un attentat si les revendications de son mouvement n’étaient pas satisfaites: « Vraiment, nous pensons à attaquer l’Algérie, comme l’attentat de Tamanrasset qui a été exécuté par deux jeunes, un Sahraoui et un Malien d’origine arabe ».

Ces deux hommes sont les auteurs d’un attentat-suicide contre une brigade de gendarmerie à Tamanrasset (1.800 km au sud d’Alger) qui avait fait début mars 23 blessés.

La semaine dernière, le Mujao avait affirmé que « la vie des otages est en danger » après l’échec de négociations avec l’Algérie. « La délégation algérienne (…) a refusé complètement nos demandes, et cette décision mettra la vie des otages en danger », avait déclaré Adnan Abu Walid Sahraoui.

Il avait précisé qu’une délégation algérienne avait assisté aux négociations, sans donner de détails sur les revendications de son mouvement.

Le consul d’Algérie et ses six collaborateurs ont été enlevés le 5 avril à Gao, quelques jours après que cette ville soit tombée sous le contrôle de divers groupes armés islamistes dont le Mujao, Ansar Dine, épaulé par Aqmi, et le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA, rébellion touareg).

Les trois grandes villes et régions administratives du nord du Mali – Tombouctou, Kidal et Gao – sont toutes tombées aux mains de ces groupes et divers groupes criminels à la faveur d’un coup d’Etat qui, le 22 mars, a renversé le régime du président malien Amadou Toumani Touré, longtemps accusé par ses voisins d’avoir fait preuve de laxisme dans la lutte contre Aqmi.

Signature : BAMAKO (AFP)

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