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Accalmie sur le front des incendies aux Canaries, l’Espagne en alerte

Vue générale d'arbres carbonisés après le passage de l'incendie dans le parc de Garajonay, le 7 août 2012 aux Canaries (© 2009 AFP)

Le feu qui a ravagé plus de 3.000 hectares sur l’île de La Gomera aux Canaries, dont des espèces rares du parc de Garajonay, cédait du terrain mardi, mais l’Espagne, confrontée à des incendies dévastateurs, restait en alerte à l’arrivée d’une nouvelle vague de chaleur.

Après un hiver d’une sécheresse sans précédent depuis environ 70 ans, le pays vit un été à hauts risques d’incendies : environ 131.000 hectares ont brûlé pendant les sept premiers mois de l’année, un record sur la dernière décennie.

Les derniers en date de ces feux de forêt et de broussailles se sont déclarés dans l’archipel des Canaries, au large des côtes africaines.

Sur la petite île de La Gomera, le feu a détruit depuis samedi plusieurs centaines d’hectares du parc naturel de Garajonay, classé au patrimoine mondial par l’Unesco, sanctuaire d’espèces végétales rares et vestige des forêts subtropicales qui poussaient autour de la Méditerranée il y a plusieurs dizaines de millions d’années.

Les responsables du parc estiment qu’ »il faudra 30 à 40 ans pour que la partie brûlée retrouve » son aspect d’origine, a expliqué Ventura del Carmen Rodriguez, conseillère de l’île chargée de l’Environnement.

Mardi pourtant, a-t-elle souligné, les pompiers « parvenaient à arrêter l’avancée de l’incendie sur tous les fronts », profitant d’une baisse des températures et d’une hausse de l’humidité.

Les flammes avaient laissé place à la fumée et aux cendres dans les paysages accidentés et ravinés de l’île. Les derniers habitants évacués du village d’Igualero, situé dans le parc naturel et où des maisons ont brûlé, ont pu rentrer chez eux.

Le feu a dévasté cultures et forêts, laissant derrière lui des squelettes d’arbres calcinés, des cadavres d’animaux et des fermes détruites.

L’inquiétude était particulièrement vive ces derniers jours concernant le parc de Garajonay, où ont été recensées 450 espèces végétales, dont 81 sont endémiques dans l’archipel, 34 dans l’île et huit n’existent plus que dans le parc proprement dit.

Celui-ci est habituellement recouvert d’une brume qui maintient un taux d’humidité propice au développement de la « laurisilva », une végétation subtropicale humide rappelant les forêts de l’ère tertiaire, qui subsiste aux Canaries et à Madère.

En raison de « l’extrême sécheresse » qui sévit cette année, a souligné la responsable locale, le taux d’humidité y est plus faible et a permis le développement de l’incendie.

L’île de La Gomera est célèbre aussi pour son langage sifflé, qui figure sur la liste du patrimoine immatériel dressée par l’Unesco.

Un autre incendie, sur l’île voisine de La Palma, était quant à lui stabilisé mardi, après avoir détruit au moins 1.700 hectares.

Malgré cette amélioration, l’Espagne restait en alerte, après les incendies particulièrement dévastateurs de ces derniers mois.

130.830 hectares de végétation ont brûlé entre le 1er janvier et le 29 juillet, selon le ministère de l’Agriculture, soit la plus grande superficie détruite en sept mois, sur les dix dernières années.

D’ores et déjà vingt incendies considérés comme importants, c’est-à-dire ayant brûlé plus de 500 hectares, se sont déclarés depuis le début de l’année.

Et la situation pourrait s’aggraver avec une vague de chaleur africaine attendue de mercredi à dimanche. D’autant que les pluies ont été rares en juillet en Espagne, avec 12 millimètres en moyenne, c’est-à-dire la moitié de la normale (23 mm).

Fin juillet, c’est un autre joyau naturel, le parc du Teide sur l’île de Ténérife aux Canaries, lui aussi inscrit au patrimoine mondial par l’Unesco, qui avait été menacé par le feu.

Le 22 juillet, un très gros incendie avait éclaté en Catalogne, dans le nord-est de l’Espagne, et avait brûlé 13.000 hectares de végétation, faisant quatre morts.

Le plus dévastateur de ces incendies avait détruit 50.000 hectares début juillet dans la région de Valence, dans l’est de l’Espagne.

Signature : Désirée MARTIN LA GOMERA (Espagne) (AFP)

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