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Costa Concordia: contraintes allégées pour le commandant qui nie « être un lâche »

Le paquebot Costa Concordia après son naufrage près de l'île du Giglio, le 25 juin 2012 (© 2009 AFP)

La justice italienne a décidé jeudi d’alléger l’assignation à résidence prononcée en janvier dernier contre le commandant du paquebot Concordia, qui a affirmé une nouvelle fois avoir sauvé des milliers de vies « grâce à la main de Dieu », dans une lettre à ses avocats.

« Le commandant Francesco Schettino n’est plus contraint de rester à son domicile, il peut sortir, mais il doit rester dans sa municipalité de Meta di Sorrento », a déclaré l’un de ses avocats, Paolo Bastianini.

Dans le « mémo » à ses avocats diffusé par les médias, Schettino s’est de nouveau vanté d’avoir effectué une manoeuvre brillante en virant au dernier moment pour faire s’échouer le navire près du rivage.

« Au moment de l’accident, la main de Dieu s’est sûrement posée au-dessus de ma tête », a-t-il expliqué, en ajoutant: « si j’avais continué sur cette trajectoire, nous aurions heurté des rochers avec la proue. On a évité une hécatombe ».

Le procureur qui a mené l’enquête sur le naufrage, Francesco Verusio, a commenté avec ironie les affirmations du capitaine du Concordia: « Schettino fait son numéro mais ce sera le juge (au procès, ndlr) qui établira les faits ».

Schettino est non seulement accusé d’avoir provoqué le naufrage du Concordia, dans la nuit du 13 au 14 janvier, en effectuant une sorte de parade trop près des côtes mais aussi d’avoir quitté le navire alors que l’évacuation des 4.200 passagers et membres de l’équipage était encore en cours.

« Je n’ai pas pu utiliser l’ordinateur qui calcule les paramètres nautiques en cas de faille, à cause de la coupure du courant », a-t-il plaidé dans sa lettre. « Je ne suis pas un lâche », a ajouté celui qui est détesté dans toute l’Italie depuis la catastrophe.

Poursuivi pour homicides multiples par imprudence, naufrage, abandon du navire et pour avoir omis de révéler aux autorités maritimes italiennes la gravité de l’accident, M. Schettino avait été écroué au lendemain du drame sur ordre du procureur Verusio (l’accident s’étant produit près de l’île de Giglio, rattachée à la province de Grosseto, en Toscane).

Assigné ensuite à résidence par les magistrats de Grosseto qui redoutaient qu’il ne s’enfuie, il ne pouvait parler à quiconque à l’exception de ses avocats et ses proches.

« Il ne pouvait pas aller à la plage. Mais il n’ira pas car il ne veut pas. Il a aussi une liberté de parole maintenant, mais il restera silencieux. Je lui ai suggéré de ne pas quitter la maison et de ne parler à personne », a ajouté l’avocat Paolo Bastianini.

Dans la demande d’allègement des mesures coercitives envers Schettino, ses avocats ont argué qu’il avait « eu un comportement irréprochable pendant toute la période d’assignation à résidence ».

Le Costa Concordia transportait 4.229 personnes, dont 3.200 touristes de 60 nationalités (en plus d’un équipage d’un millier de membres), lorsqu’il a heurté un rocher près du Giglio, ce qui a provoqué la mort de 32 personnes.

Neuf personnes au total sont poursuivies dans cette affaire, dont Schettino, son second, quatre autre membres de l’équipage et trois membres du personnel à terre, dont Manfred Ursprunger, un vice-président exécutif de Costa Crociere, propriétaire du Concordia, et Roberto Ferrarini, chef de l’unité de crise de la compagnie.

Signature : ROME (AFP)

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