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Bissau: la junte dit accepter « toutes les exigences » sauf le retour de Pereira

Le président intérimaire de Guinée-Bissau Raimundo Pereira, le 28 avril 2012 à Abidjan (© 2009 AFP)

La junte bissau-guinéenne a affirmé mardi qu’elle acceptait « toutes les exigences » de l’Afrique de l’Ouest sur le retour du pouvoir aux civils, à l’exception du rétablissement dans ses fonctions du président intérimaire Raimundo Pereira, renversé par le coup d’Etat du 12 avril.

« Nous nous sommes entendus sur tous les points avec la Cédéao (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest), sauf un: la question du retour de Raimundo Pereira », a déclaré lors d’un point de presse le porte-parole de la junte. La Cédéao avait accusé lundi son chef, le général Antonio Indjai, d’avoir « refusé » les décisions ouest-africaines concernant la transition et l’envoi d’une force régionale, et annoncé des sanctions immédiates.

« Si Raimundo Pereira revenait, il serait le chef suprême des armées. Quelles troupes irait-il commander sachant que ce sont ces mêmes troupes qui l’ont arrêté le 12 avril? », s’est interrogé le porte-parole des militaires, le lieutenant-colonel Daba Na Walna.

Le président intérimaire avait été arrêté le jour du coup d’Etat par l’armée, en compagnie de l’ex-Premier ministre Carlos Gomes Junior. Les deux hommes avaient été libérés le 27 avril et évacués sur Abidjan.

« Nous avons demandé à la Cédéao de nous accorder un peu plus de temps. Nous pensons que son cas mérite une discussion interne », a-t-il dit.

Concernant la force ouest-africaine dont l’arrivée des premiers éléments a été retardée, le porte-parole a affirmé que « le commandant de cette force est en place » (à Bissau). « Nous sommes en train de travailler avec une équipe d’experts pour trouver un futur lieu d’installation », a-t-il dit.

Evoquant la question du choix du président de transition, le lieutenant-colonel Na Walna a affirmé que c’est l’ex-parti au pouvoir, « le PAIGC qui a rejeté la candidature de Manuel Serifo Nhamadjo », dont le nom avait été avancé la semaine dernière par la junte et les partis de l’ex opposition.

M. Nhamadjo, un dissident de l’ex-parti au pouvoir, était président par intérim du parlement avant le coup d’Etat. Il avait refusé sa nomination, considérant qu’elle sortait de la « légalité ».

Des représentants du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap Vert (PAIGC) doivent se rencontrer, pour la première fois depuis le putsch, mardi en fin d’après-midi à Bissau.

Selon des sources du parti, les discussions porteront sur le cas de M. Nhamadjo, qui avait présenté une candidature dissidente face à l’ex-Premier ministre Gomes Junior au premier tour de la présidentielle du 18 mars. Il faisait partie des cinq candidats qui avaient contesté la victoire de M. Gomes Junior au premier tour et refusé de participer au second, prévu le 29 avril mais empêché par le coup d’Etat.

Selon le porte-parole de la junte, sa nomination permettrait d’ »appliquer la Constitution qui prévoit que le président de l’Assemblée nationale doit assumer la transition ».

Signature : BISSAU (AFP)

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