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Aqmi prêt à libérer un Britannique contre l’extradition d’un islamiste

Portrait de  Abou Qatada

Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) s’est dit prêt dimanche à libérer un Britannique si Londres extrade l’islamiste Abou Qatada vers le pays de son choix, promettant « l’enfer » au Royaume-Uni s’il est expulsé vers la Jordanie, a rapporté un centre américain de surveillance.

Dans un communiqué publié sur des forums islamistes, Aqmi affirme qu’il libèrera Stephen Malcolm, enlevé en novembre 2011 au Mali, si Londres extrade le Jordanien Abou Qatada « Al-Filistini » (« le Palestinien ») vers un pays engagé dans le printemps arabe ou tout autre pays de son choix.

En revanche, le groupe avertit que la Grande-Bretagne ouvrira « la porte de l’enfer » si elle extrade l’imam radical vers la Jordanie, selon SITE, un centre américain de surveillance des sites islamistes.

Le ministère britannique de l’Intérieur a refusé lundi de faire le moindre commentaire sur l’offre d’Aqmi, tandis que le Foreign Office a expliqué ne « pas commenter normalement les affaires d’otages ». Stephen Malcolm, 37 ans, dispose de la double nationalité britannique et sud-africaine.

Abou Qatada est présenté par les autorités britanniques comme l’un des membres les plus dangereux du « Londonistan », la mouvance islamiste radicale implantée dans la capitale britannique

Condamné, en son absence, en 1998 en Jordanie à 15 ans de travaux forcés pour préparation d’attentats, il a aussi été condamné à mort en 1999 pour avoir planifié des attaques contre les intérêts américains en Jordanie.

Il a passé une grande partie des six dernières années en prison au Royaume-Uni malgré l’absence d’inculpations.

En janvier, il a été libéré et placé en résidence surveillée à la suite d’un arrêt de la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) estimant que son extradition vers la Jordanie violerait ses droits à un procès équitables.

Mais le 17 avril, Abou Qatada a de nouveau été arrêté à son domicile londonien, la Grande-Bretagne ayant décidé de relancer la procédure d’extradition après avoir reçu les assurances d’Amman qu’il bénéficierait d’un procès équitable. Le 18 avril, la CEDH a toutefois une nouvelle fois bloqué cette extradition après la demande de réexamen du dossier faite par son avocat.

En juin 2009, la branche maghrébine d’Al-Qaïda avait annoncé pour la première fois l’exécution d’un otage occidental, le touriste britannique Edwen Dyer, qu’elle détenait depuis cinq mois.

Aqmi, qui réclamait déjà que Londres libère Abou Qatada, avait justifié cet assassinat par le fait que le gouvernement britannique ne répondait pas à ses exigences. A l’époque, le Premier ministre britannique Gordon Brown avait rappelé le principe de la Grande-Bretagne de ne « jamais accepter les demandes des terroristes ou payer des rançons ».

Aqmi détient actuellement neuf otages occidentaux, parmi lesquels six Français – quatre collaborateurs du groupe Areva enlevés en septembre 2010 à Arlit (Niger) et deux géologues enlevés à leur hôtel au Mali en novembre 2011 – ainsi qu’un Suédois et un Néerlandais, enlevés à Tombouctou en même temps que le Britannique Stephen Malcolm. Un Allemand, appartenant à ce même groupe de touristes, avait été tué en tentant de résister à son enlèvement.

Signature : DAKAR (AFP)

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