v>
Vous êtes ici :accueil » international » Afghanistan: un an après la mort de Ben Laden, les talibans annoncent une grande offensive

Afghanistan: un an après la mort de Ben Laden, les talibans annoncent une grande offensive

Le président américain Barack Obama et son homologue afghan Hamid Karzai le 1er mai 2012 à Kaboul (© 2009 AFP)

Un an jour pour jour après la mort d’Oussama Ben Laden, les talibans afghans ont attaqué mercredi une résidence occupée par des étrangers près de Kaboul et annoncé le lancement d’une grande offensive, défiant les Américains juste après une visite sur place du président Barack Obama.

Lors de son court passage, de nuit, M. Obama a signé avec son homologue Hamid Karzaï un accord encadrant les conditions d’une présence de soldats américains en Afghanistan jusqu’en 2024, aussitôt jugé « illégitime » par les talibans.

Peu après le départ de M. Obama, les rebelles, chassés du pouvoir par les Américains à la fin 2001 car ils avaient refusé de leur livrer leur allié Ben Laden, ont de nouveau mené une attaque meurtrière dans la région de Kaboul, montrant une fois de plus leur capacité à frapper dans une zone censée sécurisée, moins de deux ans avant le retrait prévu des troupes de combat de l’Otan du pays.

L’attaque a été lancée vers 06H15 locales (01H30 GMT) par des rebelles cachés sous des burqas qui ont fait exploser une voiture piégée devant un complexe sécurisé où logent notamment des employés de l’ONU, de l’Union européenne et d’ONG, avant d’attaquer ses gardes.

Selon le ministère afghan de l’Intérieur, sept personnes, dont un garde, ont été tuées. Au moins six de ces victimes sont afghanes, a-t-il précisé.

L’attaque a également blessé 18 personnes, dont huit ont été emmenées à l’hôpital, selon le ministère de la Santé.

Vers 10h00 (05H30 GMT), la force de l’Otan en Afghanistan (Isaf) a annoncé que l’assaut avait pris fin et que tous les assaillants — trois selon le ministère de l’Intérieur — avaient été tués.

Les talibans ont revendiqué l’assaut, affirmant avoir ainsi voulu répondre à la visite éclair de Barack Obama.

Ils ont ensuite annoncé le lancement à partir de jeudi leur traditionnelle « offensive de printemps » à travers l’Afghanistan contre les forces de l’Otan qui soutiennent le gouvernement de Kaboul et tous leurs alliés.

L’opération « Al-Farouq » visera en premier lieu les « envahisseurs étrangers, leurs conseillers, leurs sous-traitants et tous ceux qui les aident militairement et par le renseignement », ont-ils précisé.

Lors de sa visite de six heures, M. Obama, qui brigue un second mandat de quatre ans, s’est surtout présenté devant ses compatriotes comme un commandant en chef capable de mettre fin à cet interminable conflit, en se gardant toutefois de s’engager sur une date.

Près de 11 ans après que les Etats-Unis ont envahi l’Afghanistan dans la foulée du 11-Septembre, plus de 1.950 soldats américains ont perdu la vie dans ce conflit qui lasse de plus en plus l’opinion publique américaine.

Dans un discours aux soldats retransmis en direct par les télévisions américaine de la base aérienne américaine de Bagram, près de Kaboul, M. Obama a promis « un nouveau jour » à ses compatriotes, affirmant que vaincre Al-Qaïda était « désormais à (la) portée » des Etats-Unis.

Il a en profité pour signer avec M. Karzaï un accord de partenariat qui engage Kaboul à donner « accès et mise à disposition pour les forces américaines jusqu’à 2014 et au-delà ».

La force internationale de Otan (Isaf), dirigée par les Etats-Unis et composée à plus des deux tiers de soldats américains et pour le reste de contingents d’une quarantaine d’autres pays, prévoit de retirer toutes ses troupes de combat du pays d’ici la fin 2014, une perspective qui laisse craindre à certains une future guerre civile par la suite.

Les talibans, particulièrement en verve mercredi, ont aussitôt dénoncé l’accord américano-afghan, le jugeant « illégitime » et comparable à « un acte de vente de l’Afghanistan établi par une marionnette sans pouvoir (Hamid Karzaï, NDLR) en faveur de son maître et envahisseur ».

L’accord, signé deux semaines avant un sommet de l’Otan à Chicago (Etats-unis) qui abordera largement le conflit afghan, n’entérine ni des bases militaires permanentes en Afghanistan ni une éventuelle immunité des soldats américains dans le pays après 2014, deux sujets de friction entre les deux gouvernements.

Empêtré en Afghanistan dans le plus long conflit de son histoire, Washington entend s’assurer que la région ne redevienne pas un incontrôlable sanctuaire pour les extrémistes radicaux, comme avant le 11 septembre 2001.

L’ambassadeur américain Kaboul, Ryan Crocker, a à ce sujet suggéré que cet accord n’interdisait pas à Washington de continuer à bombarder des cibles rebelles au Pakistan voisin avec des drones après 2014.

Les drones américains tirent régulièrement des missiles dans les zones tribales pakistanaises frontalières de l’Afghanistan, repaire des talibans pakistanais et d’Al-Qaïda et base arrière des talibans afghans, une campagne unilatérale dénoncée par nombre de partis pakistanais.

Signature : Sardar AHMAD KABOUL (AFP)

© 2009-2014 StarAfrica

Revenir en haut de la page