Affaire des ours en peluche: trois Suédois convoqués par le KGB du Bélarus
Les trois Suédois responsables du parachutage d’ours en peluche au Bélarus, qui a provoqué une grave crise diplomatique entre Stockholm et Minsk, ont annoncé samedi avoir été convoqués par le KGB du Bélarus (services de sécurité).
« Nous avons reçu une lettre du KGB, qui nous demande de nous présenter » pour être interrogés, a déclaré à l’AFP Tomas Mazetti, cofondateur de l’agence de publicité qui avait organisé l’opération.
De son côté, le KGB a indiqué dans un communiqué qu’il poursuivait les investigations dans cette affaire pénale concernant « la traversée illégale de la frontière du Bélarus par des ressortissants suédois à bord d’un petit avion ».
Selon le KGB, les Suédois doivent se présenter dans les dix jours, faute de quoi ils risquent une peine allant d’une simple amende à six ans d’emprisonnement.
Avant de se rendre à la convocation, les Suédois ont déclaré qu’ils comptaient demander « la garantie qu’ils ne seraient pas inculpés ».
Dans son communiqué, le KGB écrit qu’il « garantit le respect des droits » des Suédois, conformément à la législation bélarusse.
En juillet, un petit avion piloté par un Suédois et entré illégalement au Bélarus avait parachuté des centaines d’ours en peluche porteurs d’appels à la liberté et au respect des droits de l’homme dans ce pays dirigé d’une main de fer par le président Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis près de 18 ans.
A la suite de cette affaire, le régime de M. Loukachenko avait décidé d’expulser tous les diplomates suédois et de fermer son ambassade à Stockholm, ainsi que de limoger plusieurs hauts responsables bélarusses.
Minsk a donné à la Suède jusqu’au 30 août pour retirer les diplomates présents dans cette ancienne république soviétique qualifiée de « dernière dictature d’Europe » par la précédente administration américaine.
Vendredi, les représentants des 27 pays de l’UE ont exprimé leur solidarité à la Suède dans son différend avec le Bélarus, sans pour autant rappeler leurs ambassadeurs en poste à Minsk.
Le Bélarus est sous le coup de sanctions de l’Union européenne en raison de sa répression contre les opposants, qui s’est aggravée depuis la réélection controversée de M. Loukachenko en 2010.